Les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas. Une enquête menée fin octobre révèle qu'une petite moitié des Français porte un regard très critique à l'égard de la loi Hadopi. Pour 30 % d'entre eux, la loi est absurde car elle ne pourra pas lutter contre les habitués du téléchargement illicite. 17 % considèrent de leur côté que la loi est obsolète.

Plus d’un an après sa promulgation, la loi Hadopi continue d’être très nettement contestée par une partie des Français. Alors qu’un précédent sondage publié cette semaine affirmait que la riposte graduée avait commencé à produire ses premiers effets, une enquête conduite par LH2-ZDNet.fr porte un regard différent sur l’impact de cette loi anti-piratage sur le comportement des internautes.

Le sondage, mené par téléphone le 29 et 30 octobre auprès de 962 individus âgés de 18 ans et plus, révèle que 47 % des sondés considèrent que la loi Hadopi est un coup d’épée dans l’eau. 30 % des Français jugent que la loi « est absurde » parce que « les gens qui téléchargent beaucoup sauront de toute façon la contourner« . 17 % % des Français estiment en revanche que la loi est obsolète, parce que « sa mise en application est concrètement impossible« .

Chez les internautes uniquement, la défiance est plus marquée. Ils sont 54 % à douter de l’efficacité de la loi, malgré les assurances du ministère de la culture et les espérances des ayants droit. Un peu plus d’un internaute sur trois estime que les amateurs de téléchargement illicite sauront passer entre les filets de la riposte graduée et un internaute sur cinq la juge inapplicable.

Cela étant, quelques Français pensent que la loi Hadopi aura quand même un effet positif. 13 % des Français estiment que cela pourrait rediriger à terme les contrefacteurs vers les offres légales. Ils sont 14 % des internautes à penser la même chose. Un score dramatiquement bas pour les artisans de la riposte graduée. Est-ce parce que les offres légales ont trop tardé à émerger ? Ou parce que leur avenir est incertain ?

Sans surprise, c’est la classe d’âge 18 – 24 qui est la plus bravache à l’égard de la loi Hadopi. Considérés comme des natifs du numérique, leur manière de consommer des produits culturels s’est forgée à l’aune d’Internet, des fichiers MP3, des DivX et des réseaux peer-to-peer. Un comportement qu’il sera difficile, si ce n’est impossible à modifier, malgré la menace du bâton.

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