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La licence globale fortement sollicitée au Brésil

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 02 Septembre 2010 à 17h01 - posté dans Peer-to-Peer

Ecartée du débat en France, où la répression du piratage reste privilégiée, la licence globale n'est pas encore morte et enterrée. C'est au Brésil qu'elle pourrait bientôt ressurgir, forte du soutien d'une coalition inédite d'artistes et de membres influents de la société civile.

Le 14 juin 2010, le gouvernement brésilien avait ouvert une consultation publique sur une proposition de réforme du droit d'auteur, censée renforcer les droits des artistes et ceux des consommateurs. Entre autres sujets, le texte de loi doit fixer les règles en matière de droit à la copie privée, d'accès aux oeuvres à fins d'éducation, de droit au remix, à la conservation du patrimoine numérique, des oeuvres orphelines, etc.

Les Brésiliens avaient jusqu'au 31 août pour communiquer au Ministère de la Culture leurs remarques et propositions sur le texte soumis à la consultation. Or c'est le 31 août que près d'une trentaine d'organisations d'horizons divers, réunis sous la bannière du Réseau pour la réforme du droit d'auteur, ont décidé de soumettre "quinze contributions pour l'accès à la connaissance".

Or l'une des propositions phares appuyée par la coalition est la légalisation du partage de fichiers, compensée par une taxe de 3 réals (env. 1,35 euro) prélevée sur les abonnements à Internet. Un texte de loi a même été proposé, qui précise que le montant pourra être ajusté en fonction du type de connexion, sans dépasser le plafond des 3 réals. La somme serait alors répartie entre les créateurs et producteurs par l'intermédiaire de sociétés de gestion, qui doivent "utiliser un équipement de mesure qui enregistre aussi précisément que possible chaque contenu qui circule", sans atteindre à la vie privée des abonnés.

Selon Vgrass.de, cette proposition a été "développée par le Centre d'Etudes et de Recherche sur le Droit d'Auteur et les Droits Culturels (NEDCA) de l'Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), le Groupe de Recherche sur les Politiques Publiques pour l'Accès à l'Information (GPOPAI) de l'Université de Sao Paulo (USP), par Pena Schmidt, un producteur de grands groupes de rock brésiliens des années 1980, fondateur et premier président de l'association de labels indépendants Associaçà£o Brasileira da Música Independente (ABMI) et désormais directeur de l'Auditório Ibirapuera, et par son vieil ami Fernando Yazbek du cabinet d'avocats Yazbek, Portaro Advogados Associado". La rédaction du texte aurait aussi reçu l'aide d'une école de droit de Rio de Janeiro, et d'un doctorant en Droit de l'Université de Duke aux Etats-Unis.

La pétition qui accompagne la promotion a par ailleurs été signée dès sa publication par Claudio Prado, "un producteur culturel et un personnage clé dans la définition des politiques culturelles numériques du Brésil", par le professeur de sociologie Bernardo Sorj qui milite pour le libre accès aux données scientifiques, ou encore par Ladislau Dowbor,"un des économistes les plus influents du pays".

L'initiative rappelle celle de l'Alliance Public-Artistes qui avait vu le jour en France pour soutenir la licence globale. Mais cette dernière n'avait pas le soutien public d'universitaires ou d'économistes, culturellement plus observateurs qu'acteurs de ce côté-ci de l'Atlantique.

Rappelons qu'en France, la licence globale avait été votée à l'Assemblée Nationale fin décembre 2005, contre l'avis du gouvernement. C'est en réaction que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait réuni le gratin de l'industrie culturelle en urgence et mis au point une première version de la riposte graduée, ensuite (et déjà) censurée par le Conseil constitutionnel. Cinq ans plus tard, l'Hadopi reste le monstre enfanté par l'adoption éphémère de la licence globale un soir de Noël.

Publié par Guillaume Champeau, le 2 Septembre 2010 à 17h01
 
 
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Commentaires à propos de «La licence globale fortement sollicitée au Brésil»
 

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complètement dépassés sur notre propre terrain (liberté, égalité, fraternité) par le chili et peut-être bientôt le brésil.
on est pas dans la merde tiens.
Le brésil paradis des VPN?
fredoush, le 02/09/2010 - 17:24
complètement dépassés sur notre propre terrain (liberté, égalité, fraternité) par le chili et peut-être bientôt le brésil.
on est pas dans la merde tiens.

Pourquoi dis-tu que l'on est pas dans la merde ? Se faire dépasser par le Brésil ou le Chili n'est pas une honte.
Et en plus, au Brésil, il fait beau...

...vais me mettre au portugais, moi...
Ca correspond bien à la devise du Brésil : Ordre et Progrès.

Ordre car cette loi, c'est la fin de la loi de la jungle et des artistes impayés par les P2Pistes.

Progrès car cette loi prend en compte les spécificités du monde numérique et n'essaie pas de s'accrocher à transformer le cyberespace en pâle copie du monde physique.

Notre devise est également respectée dans Hadopi : Liberté Egalité Fraternité : Tu es libre, que tu sois coupable ou innocent, si tu n'as pas mis ton mouchard, tu seras traité à l'égal de tes frères pirates !
Ohhhh, il existe donc encore un pays où les élus ne sont pas corrompus ?
...Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait réuni le gratin de l'industrie culturelle...

cette phrase me fait penser tour a tour a un vieux film sur capone dont j'ai oublier le nom et a 99francs lorsque le gros "subtil" qui commande une pub pour un yaourt explique qu'il a je sais plus combien de marchandise a fourgué et que le respect aussi bien du client que du produit, il se la taille en bisot...
"utiliser une équipement de mesure qui enregistre aussi précisément que possible chaque contenu qui circule"
Ce serait pas un équipement?
Mouais.. àa noie la liberté de choix des consommateurs.. quel est le sens, alors, d'un achat "en vue de soutenir", ou au contraire d'un boycott?

Chacun doit mettre la main à la poche dans un pot global qui suit la tendance de ce qui se vend le mieux.. je leur souhaite que ce dispositif soit optionnel, il y a peut-être des brésiliens qui ne veulent pas soutenir ACTA.
Erreur. àa n'est pas la licence globale qui avait été votée mais seulement l'extension de l'exception pour copie privée au partage non commercial sur le réseau. La discussion n'a jamais pu aller jusqu'à la définition et l'organisation d'un système de licence globale, c'est à dire de licence unique pour le download et l'upload, d'où son nom de 'globale'.
de toute façon, au pays des favellas où l'eau et l'électricité sont piratés sans problème et où la notion de propriété immobilière reste vague, hadopi n'aurait strictement aucune chance...
par ailleurs, c'est un gouvernement de gauche qui est place.
Une image qui en dit autant qu'un long discours:

Image IPB


http://www.dn.se/nyh...t-lula-1.900098

A envoyer à P. Nègre, en carte postale, pour les voeux de nouvel an.
J'adore la tirade sur le monstre enfanté un soir de Noel. Je pense qu'avec un zeste d'inceste la-dedans (pas trop dur à extrapoler), on tient un script de conte glauque bien métaphorique ;-)
xtoflyon5, le 02/09/2010 - 20:55
J'adore la tirade sur le monstre enfanté un soir de Noel.
Idem ;)
mynameisfedo, le 02/09/2010 - 19:09
par ailleurs, c'est un gouvernement de gauche qui est place.

A cote si en 2012 la gauche passe, il vont faire la même chose !!!! Laisse moi rire, ils sont tout aussi inutiles et efficace. D'être de gauche ou droite ou de n'importe quoi ne change rien, c'est la personnalité de la personne. Lui a des couilles et il l'a démontré plus d'une fois. Mais tous n'est pas rose dans son pays. Va y vivre, moi personnellement, je suis content d'être en France mais avec HADOPI.
Belle article.
Alors 1.35 euros multiplié par 20 millions d'internautes français =27 millions d'euros de recette par mois, pas mal!.
Combien l'hadopi va t'elle couter au contribuable déja ?
mynameisfedo, le 02/09/2010 - 19:09
c'est un gouvernement de gauche qui est place.

Précisons : c'est un gouvernement de gauche SUD AMERICAIN qui est en place. Du genre de ceux ou l'investiture à la présidentielle se fait au nombre d'années passées en prison sous la dictature. Rien à voir avec notre gauche caviar hexagonale !
c'est un gouvernement de gauche SUD AMERICAIN qui est en place. Du genre de ceux ou l'investiture à la présidentielle se fait au nombre d'années passées en prison sous la dictature.
Et du genre à foutre ses adversaires politiques en prison, à moins qu'ils se fassent assassiner.
Effectivement, ce ne sont pas nos moeurs politiques. Heureusement.
malaga, le 02/09/2010 - 22:23
c'est un gouvernement de gauche SUD AMERICAIN qui est en place. Du genre de ceux ou l'investiture à la présidentielle se fait au nombre d'années passées en prison sous la dictature.
Et du genre à foutre ses adversaires politiques en prison, à moins qu'ils se fassent assassiner.
Effectivement, ce ne sont pas nos moeurs politiques. Heureusement.

Chavez au Venezuela peut-être, mais je ne vois pas Lula ou Kirchner (Argentine) faire ça.
couplé à flattr ca serait parfait

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