Il y a une semaine, le New York Times révélait un accord controversé entre Google et Verizon. Selon le quotidien, son contenu porte sur la hiérarchisation du trafic sur l’Internet mobile. Depuis, la polémique fait rage aux États-Unis. Si les deux entreprises se sont évertuées à démentir les rumeurs les plus grosses, elles n’ont cependant pas su s’arrêter sur l’essentiel.

De nombreuses voix se sont élevées depuis pour critiquer l’objet de cet accord. Parmi les plus audibles, nous retrouvons Federal Communications Commission (FCC), l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et même Facebook.

Du côté des fournisseurs d’accès à Internet américains, c’est une toute autre chanson. Plus l’opérateur est gros moins la critique est forte. Preuve en est, le premier FAI du pays, AT&T, a jugé favorablement le projet d’accord entre les deux sociétés, estimant qu’il offrait un « cadre raisonnable » pour l’innovation, la concurrence et le dynamisme, dans le respect de la neutralité du net.

Un discours qui peut surprendre, puisque l’entreprise est un concurrent direct de Verizon. Mais à y regarder de plus près, cette neutralité des réseaux « revue et corrigée » est idéale pour les opérateurs. Cela leur permettrait de gérer à leur guise leurs infrastructures et monétiser une hiérarchisation des contenus. Une situation redoutée par les services web qui n’ont pas la main sur les tuyaux.

Pour les acteurs plus petits, la situation serait même catastrophique. Si l’accord venait à se généraliser, il est clair qu’ils n’auront la même capacité financière qu’un service en place depuis longtemps ou qu’une grosse entreprise. Dans ces conditions, ce « cadre raisonnable » l’est tout de suite beaucoup moins. Mais au regard des intérêts commerciaux et des enjeux financiers, pas sûr que les gros FAI s’attarderont sur ces considérations.

Rappelons que l’initiative poussée par Google et Verizon vise à définir une neutralité du net qui intègre deux notions. D’une part une distinction entre les contenus licites et les fichiers illégaux et d’autre part une séparation claire entre l’Internet « filaire » et l’Internet mobile. Dans ce dernier cas de figure, Verizon et Google estiment que la saturation des réseaux mobiles impose une gestion plus fine, donc sortant du cadre de la neutralité du net.

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