Neutralité du net : Verizon conteste à son tour les révélations du New York Times
Julien L. -
publié le Vendredi 06 Août 2010 à 10h32 -
posté dans Société 2.0
![]() Après Google, c'est au tour de Verizon de contester les révélations du New York Times. Le quotidien américain avait indiqué dans son édition du mercredi que les deux sociétés étaient en pourparlers pour signer un accord néfaste pour la neutralité des réseaux. Depuis, Google et Verizon se sont empressés de démentir, mais de façon très partielle.
Si pour l'heure, aucun document définitif n'a été signé entre les deux sociétés, les discussions sont néanmoins à un stade avancé. À en croire le quotidien américain, Google est prêt à fermer les yeux sur la gestion du trafic mise en oeuvre par Verizon si en échange le FAI continue de promouvoir Android à la place des produits concurrents (comme l'iPhone d'Apple). Mais cet accord risque fort d'entrainer une situation incontrôlable. Si des éditeurs peuvent obtenir des avantages en payant un droit de passage, ils seront automatiquement mieux référencés et disposeront d'une meilleure bande-passante par rapport aux structures plus petites et n'ayant pas les mêmes moyens financiers. Hier pourtant, un porte-parole de Verizon a expliqué que l'opérateur restait déterminé "à participer aux négociations ouvertes par la FCC". Et de poursuivre que l'entreprise est confiante "sur le fait que ce processus va aboutir à un consensus qui pourra maintenir un Internet ouvert, et l'investissement et l'innovation nécessaires pour le rendre durable". Hier, Google a également réagi à cette affaire sur l'un de ses comptes Twitter en indiquant que le "New York Times a tort. Nous n'avons eu aucune discussion avec Verizon sur le faut de payer pour le transport du trafic de Google. Nous demeurons autant engagés que nous l'avons toujours été pour la défense d'un Internet ouvert" a poursuivi l'entreprise. Un message qui vise à rassurer, d'autant que le New York Times évoque de son côté la signature d'un accord dès la semaine prochaine. Même son de cloche du côté de Verizon. Dans un article publié sur son site officiel, le fournisseur d'accès à Internet a contesté le fond de l'article du New York Times, en affirmant qu'il "se méprend fondamentalement sur notre objectif." "Comme nous l'avons dit auparavant à la FCC, notre but est d'obtenir un cadre politique pour Internet qui assure la transparence et la responsabilité, intègre les pouvoirs spécifiques de la FCC tout en maintenant l'investissement et l'innovation. Suggérer qu'il s'agit d'un arrangement commercial entre nos compagnies est complètement faux" a conclu un des responsables de l'opérateur. En 2008 cependant, Google avait surpris en présentant son projet OpenEdge. À l'époque, le moteur de recherche voulait proposer aux FAI d'héberger directement des serveurs de mise en cache dédiés aux différents services de Google. La démarche avait pour finalité de réduire les coûts en bande-passante et accélérer l'accès à certains sites. Au risque de bousculer une première fois la neutralité des réseaux. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Neutralité du net : Verizon conteste à son tour les révélations du New York Times»
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Stabbquadd
le 06/08/2010 à 10:24
C'est pas le même article que ça : http://www.numerama....-essentiel.html ?
:
Commentaire sur Numerama.com
Nous n'avons eu aucune discussion avec Verizon sur le faut (fait) de payer pour le transport du trafic de Google.
Pas de discussion sur le fait de payer ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de discussion sur autre chose. Autre chose qui ne peut être que rentable aux deux sinon pas d'accord possible. Alors quoi ? cela devrait sortir un jour.Sur le sujet de la mise en cache des services (type OpenEdge), je me demande en quoi c'est une mauvaise chose.
En effet, Au moment de la consultation de l'ARCEP sur la neutralité des réseaux Free avait mis en avant le fait de faire payer Google pour l'énorme traffic (assymétrique, en plus) qu'il générait sur le réseau des FAI. Et d'un coté ça se tiens: Le FAI (Free, ici) est obligé d'investir dans du matériel de plus haut de gamme, et payer un prix important aux transitaires pour ce traffic, alors que c'est Google qui récupère les sous (via la pub). Une solution 'logique' serais d'augmenter les prix des abonnés pour faire face, d'ailleurs, ils avaient émis l'idée, ça avais fait grand bruit. Mais sinon, effectivement, pourquoi ne pas demander a Google de payer (Mais alors se pose la question: Si Google paye Free, bah tous les autres opérateurs du monde vont vouloir la même chose... c'est un puit sans fond). Il me semble que la mise en cache des éléments les plus lourds *chez chaque FAI* représente une voie alternative: Ca réduit fortement la quantité de donnée redondante qui passe dans les tuyaux, ça réduit les coûts de mise à jour des équipements. Les seuls perdants dans l'histoire sont les transitaires qui en ce moment, grâce à Youtube, DailyMotion et autre RapidShare ont vu leurs CA exploser ces dernières années, même si il est vrai qu'ils ont, du coup, de grosses dépenses en équipements haut de gamme pour passer tout ce trafic. Ai-je raté quelque chose ? obcd > faire payer Gooogle, oui, pourquoi pas. Mais le problème commence quand tu demandes "qu'est-ce qui se passe s'il ne paye pas ?"
Kad, le 06/08/2010 - 11:12 obcd > faire payer Gooogle, oui, pourquoi pas. Mais le problème commence quand tu demandes "qu'est-ce qui se passe s'il ne paye pas ?"Non je vois pas ça comme ça. Google paye déjà de l'infra, et du lourd en plus. Si paiement il y a ça ne pourrais pas être directement Google->Free. Parceque sinon, ça va être tout de suite après Google -> Orange, puis Google -> SFR, puis Google -> Telephonica, puis... En gros ya qu'a compter le nombre d'AS, chacun va vouloir sa part de Google. Et rebelotte pour Facebook ? Non, c'est juste pas faisable. Une solution pourrais être une sorte de "fond européen", auquel google & les autres providers contribuent au prorata de la quantité de donnée qui descend, et que les FAI utilisent (sur justifications) exclusivement pour upgrader leurs infrastructure. Mais bref, c'est à réfléchir, c'est très grossier cette idée, et poserais sans doute un problème d'égalité de traitement selon la taille de l'acteur concerné. (Ceci dis, l'ARCEP fait exactement pareil, en excluant les petits opérateurs de payer la (chère) licence L33-1 (opérateur de com.) Par contre, et bien que membre de FDN, je ne considère pas que la solutions qu'ils proposent (retourner au paiement au débit, au 95ème percentile) soit équitable, justement comme je le disais dans un autre message à cause du fait que le coût marginal d'un réseau est nul (Autrement dis, une fois l'infra payée, qu'elle serve ou qu'elle ne serve pas ça coûte pareil) et que dans ce cas-là, la seule réponse possible est le forfait.
Je ne comprend pas... si des données transitent sur ton réseau, tu va payer la bande passante d'un coté et TE faire payer de l'autre non? Dans ce cas y a de grandes chances que ça ne te coute pas, ou peux.
Et dans le cas d'un FAI, l'abonnement du client est supposé couvrir les frais engendrés par son utilisation de bande passante. Y a un truc que j'ai loupé? Déjà ya 3 types de contrats dans les télécoms:
- Soit en Peering (cad échange gratuit ou bien forfétaires entre 2 opérateurs, pourvu qu'ils soient présent physiquement dans un lieux commun (un GIX). - Soit au forfait sur une vitesse de port (genre 1Gbps, 10Gbps,...) - Soit à l'octet utilisé mesuré. Dans ce dernier cas, c'est celui qui *reçois* le traffic qui paye celui qui l'envoie, et inversement. Ce dernier type de contrat est souvent utilisé par les opérateurs Tiers1 ou Tiers2 (cad pas des FAI, des opérateurs de tuyaux): En effet, plus ya de débit, plus ils gagnent de sous mais plus ils sont obligé d'acheter, eux, des équippements plus gros, et/ou de poser des cables en plus. A la grande époque du P2P, et malgré asymétrie ADSL, Free (par exemple) envoyais quand même bcp de données sur le net. Donc ça déséquilibrais, ils payaient un peu mais ça restait gérable. Avec les lois hadopi, etc... les gens ont commencé de plus en plus à utiliser Streaming, DDL. Or ces usage sont par nature: 1) Très gaspilleurs de bande passante: Si 2 voisins regardent la même chose sur le même site de streaming, faut transporter 2x les données. 2) Très asymétrique par nature. Ceci conjugé a l'explosion de Youtube & autre a fait que les données *reçus* par Free ont explosé, et dans le même temps le débit en upload s'est tari. Vu ce que j'ai dis au-dessus, t'imagines bien que leurs coûts de transit ont explosé. Ils avaient provisionné 30€/mois/abonné, mais ca marchait au début... Avec un tel usage, c'est 90€/mois/abonné qu'il faudrais. Les grands gagnants sont les opérateurs de Transit...au nombre desquels on retrouve une branche d'Orange (OpenTransit). (Quoique ces opérateurs ont aussi de très gros frais d'infrastructure à sortir pour passer tout ce traffic). Au final, le peering gratuit est devenu minoritaire en terme de traffic: Seuls les petits opérateurs, ou les sociétés dont le coeur de métier n'est pas le réseau sont encore en peering. En ce sens, on a réellement, dans le monde, 2 internet. Même si ça ne se voit pas trop, encore, sur le grand public. (Ca commence doucement, avec les conflits entre Orange & Cogent par ex) PS: 30€/mois c'est très en-deçà de ce que coûte 2mbps de traffic non stop sur un mois entier. Free avait tablé à l'époque sur le fait que personne utilise 2mbps non stop sur un mois entier, voire que si 1 personne le faisait son voisin ne le ferais pas. "Au risque de bousculer une première fois la neutralité des réseaux."
Fais tourner, c'est de la bonne. |
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