Malgré sa position de leader en matière de filtrage des contenus, l'Australie est divisée sur la question du filtrage d'Internet. Si le ministre Stephen Conroy n'en démord pas, la classe politique locale est moins définitive sur ce sujet. Et de s'interroger sur les opportunités d'une telle loi à l'heure où des élections se profilent à l'horizon.

L’Australie serait-elle finalement hésitante sur le principe du filtrage d’Internet ? Alors que le pays a jusqu’à présent avancé tambour battant sur ce sujet, notamment « grâce » à l’activisme de l’actuel ministre des communications et de l’économie numérique, le pays pourrait au minimum faire une pause sur ce sujet, le temps de bien saisir l’opportunité de ceinturer le pays d’une « grande barrière de corail numérique ».

Et selon nos confrères de The Register, cette remise en cause ne vient pas des opposants traditionnels au filtrage, mais bien de la classe politique australienne elle-même. Selon The Register, deux évènements ont conduit le parlement australien a levé le pied en la matière et à se désolidariser partiellement du plan de Stephen Conroy.

D’une part, le parlement australien ne siègera plus jusqu’au 24 août prochain, laissant moins d’opportunités aux partisans du filtrage de convaincre les parlementaires hésitants à se rallier au projet de Stephen Conroy. D’aurte part, des élections sont attendues d’ici la fin de l’année, et l’opportunité politique de présenter le filtrage d’Internet comme un argument de campagne est assez faible, si ce n’est proche du néant.

Jusqu’à présent, l’opposition était principalement formée de simples internautes et de professionnels du monde informatique, allant des opérateurs télécoms aux fournisseurs de contenus (comme Google et sa plate-forme vidéo YouTube). Devant les protestations de la société, les doutes autour du filtrage d’Internet se sont faits de plus en plus criants, et ont conduit des politiques de tout le spectre politique australien à le remettre en question.

Cela ne signe pas nécessairement la mort de cette « grande barrière de corail virtuelle », mais cette fronde a le mérite de fissurer un peu plus un dispositif qui est loin d’avoir fait ses preuves sur le terrain. On pourra toujours regretter que l’opposition actuelle des politiques au filtrage semble davantage tenir de calculs politiques que d’une vraie prise de conscience. Mais au regard de l’urgence, nul doute que les opposants australiens sont déjà satisfaits d’y porter un coup supplémentaire.

Au passage, on se souviendra de l’argumentaire surprenant de Stephen Conroy, lorsqu’il fut interrogé par la chaine ABC sur la problématique du filtrage. Pour justifier la faisabilité du projet, le ministre des communications et de l’économie numérique s’était appuyé sur les exemples réussis en matière de filtrage en Chine. Mauvaise pioche pour un pays démocratique.

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