Un site australien ouvert pour protester contre la censure exercée par le gouvernement sur Internet a été fermé en seulement trois heures par l'autorité chargée de la gestion des noms de domaine. Il utilisait le nom du ministre australien chargé des télécommunications.

Pour protester contre les mesures de filtrage du net imposés aux FAI par l’administration australienne, mises en place malgré même l’opposition d’organisations de protection de l’enfance, un groupe d’activistes a décidé de créer un site Internet pour dénoncer le projet de censure mené par le ministre des Communications et de l’Economie Numérique Stephen Conroy. Peu prévenant, l’homologue australien de Nathalie Kosciusko-Morizet avait oublié d’enregistrer le nom de domaine stephenconroy.com.au, qui a donc été utilisé par les activistes pour dénoncer « Stephen Conroy : ministre du fascisme« . L’anecdote a rapidement fait les chous gras de la presse.

Mais l’AuDA, l’Autorité locale qui gère les noms de domaine australiens, a immédiatement réagi, en outre-passant les règles qu’elle fixe d’ordinaire. Alors qu’elle donne généralement un mois aux titulaires des noms de domaines contestés pour démontrer leur légitimité à utiliser un nom de domaine, l’AuDA n’a donné que trois heures ( !) aux activistes pour justifier l’exploitation du nom stephenconory.com.au.

« Nous avons demandé un temps raisonnable pour nous préparer et donner nos arguments sur notre élibilité (à utiliser le nom de domaine), mais l’auDA a refusé de nous le donner, en insistant pour que nous répondions dans la fenêtre des trois heures« , s’offusque le groupe d’opposants. Sans même examiner les premiers arguments donnés par les activistes, l’auDA a simplement attendu les trois heures d’ultimatum et immédiatement repris possession du nom de domaine.

Pour les bloggeurs opposés à Stephen Conroy, il s’agit d’une décision clairement politique. Paradoxalement, la fermeture du nom de domaine presque sans préavis et sans enquête renforce le message-même du site, qui proteste contre la loi australienne qui permet à l’Etat de bloquer l’accès à un site sur simple décision administrative, sans contrôle du juge. Un modèle qu’a finalement refusé de suivre l’Allemagne, mais que le gouvernement français souhaite adopter avec la future loi Loppsi dont qui devrait être examinée en février à l’Assemblée.

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