Une étude menée par des chercheurs français vient de révéler les limites physiques de notre cerveau face à la réalisation de plusieurs tâches en même temps. En effet, si un individu est encore capable de gérer deux activités à la fois, cela se complique sérieusement au-delà de trois tâches.

Voilà une information qui pourrait fort bien contrarier les plans marketing de certaines sociétés high-tech ayant beaucoup communiqué sur le multitâche. En effet, selon une étude scientifique d’Etienne Koechlin et Sylvain Charron, publiée dans la revue Science, montre que le cerveau humain rencontre certaines difficultés à traiter plus de trois tâches en même temps.

Dans le détail, si nous pouvons encore mener de front deux tâches à la fois sans trop de difficultés, cela se complique nettement au-delà de trois activités simultanées.

L’expérience consistait à tester les participants face à différentes situations, afin de découvrir comment le cerveau travaille lorsqu’il est confronté à un travail unique (monotâche), à plusieurs activités (multitâche) ou lorsqu’il passe d’une tâche à l’autre. Les participants ont eu comme première mission de trier les lettres d’un mot en fonction des minuscules et des majuscules notamment, tandis que l’image de leur cerveau en activité était observée grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

Alors que les sujets étaient à l’œuvre, un nouvel évènement aurait pour mission d’interrompre le travail en cours, afin d’enregistrer la réaction du sujet. Ce nouvel évènement intervenait de deux manières différentes : soit il venait s’ajouter à la tâche en cours, soit il forçait le participant à basculer sur le nouveau travail.

Pour imiter le basculement d’une tâche à l’autre, le premier travail était complètement annulé et le sujet passait directement au second. En ce qui concerne la simulation du multitâche, la première activité était mise en pause tandis que la seconde débutait. Une fois un certain délai écoulé, la première activité reprenait.

Selon les conclusions de l’étude, lorsqu’un sujet est confronté à une seule activité, les deux lobes frontaux du cerveau sont actifs. Mais lorsqu’il fallait traiter deux tâches en même temps, chaque lobe frontal était alors affecté à une tâche bien précise.

Néanmoins, dès lors qu’une troisième activité se lançait, les chercheurs ont constaté une explosion du nombre d’erreurs et un temps de réponse de plus en plus médiocre, sauf à disposer d’un troisième lobe frontal, ce qui est finalement assez rare. En définitive, l’étude souligne que nos propres limitations physiques relativisent l’intérêt de mener à bien plusieurs activités en même temps.

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