Le problème avec l’ambition de traquer jusque dans les foyers des électeurs ceux qui ne respectent pas le droit d’auteur, c’est qu’il faut soi-même être capable de montrer patte blanche dans le respect des droits de propriété intellectuelle. A fortiori lorsque l’on représente un parti politique qui vote en faveur de lois toujours plus répressives contre le téléchargement.

On sait qu’en France, l’UMP qui a voté pour la loi Hadopi n’a pas été la meilleure élève en matière de respect des droits d’auteur. Ces derniers mois, le parti présidentiel s’est fait prendre plusieurs fois en flagrant délit de piratage, lorsqu’il a diffusé sans autorisation une chanson de MGMT, réalisé son lipdub sans l’autorisation des ayants droits de la chanson québecoise, ou encore déformé le logo de l’Aquitaine pour sa communication. L’Etat lui-même n’est pas un modèle de vertue, puisque le premier logo de l’Hadopi (ironie du sort) utilisait sans autorisation une police de caractère protégée.

En Grande-Bretagne, où le Parlement vient d’adopter le Digital Economy Bill qui prévoit lui-aussi la riposte graduée, le parti travailliste au pouvoir a fait la même gaffe que l’UMP, qui avait détourné récemment une photo de 20 Minutes à des fins électorales, sans l’autorisation du photographe. Outre-Manche, c’est une affiche de la BBC qui a été détournée sans l’autorisation du groupe de télévision public. Le Parti Travailliste a repris une image de l’acteur Philip Glenister, apparemment très célèbre en Grande-Bretagne pour son rôle dans la série Ashes to Ashes diffusée par la BBC, et a remplacé la tête de l’acteur par celle d’un adversaire conservateur.

Tout comme la BBC qui s’est dite « furieuse« , l’acteur s’est agacé de voir ainsi son image reprise sur une affiche électorale censée moquer les Conservateurs, lesquels ont eux-même violé à leur tour les droits d’auteur en reprenant la même affiche illégalement réalisée pour en modifier le message.

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