Un petit label américain, nullissime dans sa capacité à optimiser son référencement sur les moteurs de recherche, a décidé d'attaquer Google et Microsoft parce que des sites "pirates" sont meilleurs que lui.

Puisqu’on ne peut pas obtenir la fermeture d’une boutique de contrebande, obtenons la fermeture de toutes les routes qui mènent au quartier. C’est en quelque sorte la logique d’une plainte déposée aux Etats-Unis par le label Blues Destiny Records contre Google et Microsoft, qui vise en réalité le service d’hébergement de fichiers allemand Rapidshare.

Le label américain reproche à Rapidshare de faire tourner un « centre de distribution de copies illégales d’œuvres protégées par le droit d’auteur« , mais c’est contre les moteurs de recherche Google et Bing que le label porte plainte, faute de pouvoir attaquer le service allemand. Selon les motifs de la plainte déposée dans un tribunal fédéral de Floride, Rapidshare bénéficierait de l’aide apportée par les deux moteurs de recherche.

Le service de newsgroups réussirait en effet à bien se classer dans les pages de résultats des moteurs de recherche avec des requêtes liées au téléchargement de chansons produites par Blues Destiny Records. Le label donne en exemple la chanson Firing Line de Roy Powers.

Effectivement, selon nos constatations, le premier résultat qui sort sur Google lorsque l’on recherche la chanson est une page du site Rapidog.com, qui indexe le contenu partagé sur Rapidshare dans l’espoir d’attirer les internautes et de vendre ensuite des accès payants, moyennant commissions. Cependant, la plupart des liens référencés ont été bloqués par Rapidshare, qui prévient que le contenu violait les droits d’auteur d’un tiers. Et quand bien même.

Plutôt que de dépenser une fortune en frais d’avocats pour attaquer Google et Microsoft, le label aurait été mieux inspiré de s’offrir les services d’un expert en optimisation de référencement sur les moteurs de recherche (SEO). En 2009, une maison de disques qui souhaite vendre sa musique doit considérer que le référencement de ses « produits » sur les moteurs de recherche fait partie intégrante de son travail de promotion. Or le site du label est un exemple à ne pas suivre en matière de SEO : entièrement réalisé en Flash (donc aucun contenu facilement indexable), aucun travail sur le titre des pages, aucun sitemap, très peu de métadonnées, …

Avec un minimum d’efforts, le label pourrait facilement voir son site arriver en première position pour la requête aujourd’hui dominée par les « pirates ».

Quant à l’aspect juridique des choses, il sera difficile de convaincre un juge de condamner Google parce qu’il ne retire pas les liens incriminés alors que ces liens ne permettent pas immédiatement le téléchargement des œuvres, mais conduisent vers Rapidshare qui exerce son propre contrôle. Et gagner le procès contre Bing sera plus compliqué encore : contrairement à Google, Microsoft a (bizarremment) accepté de retirer les liens de ses pages de résultats.

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