Lawrence Lessig : couper l'accès Internet, "une idée terrible"
Julien L. -
publié le Samedi 21 Novembre 2009 à 17h20 -
posté dans Société 2.0
![]() À l'occasion du Forum d'Avignon qui s'est déroulé ces jours-ci, le célèbre juriste spécialisé dans le droit d'auteur s'est exprimé sur la loi Hadopi, récemment votée par le parlement français. Pour le professeur de droit, la riposte graduée - avec la coupure de l'accès Internet en dernier recours - est tout simplement "une idée terrible".
Rappelant ne pas être "un partisan du piratage", le célèbre professeur de droit considère que la stratégie française visant à gérer la question du téléchargement illégal est sur la mauvaise voie. Si cela pose un nouveau défi au législateur et aux ayants droits, il considère cependant que "couper l'accès à Internet est une idée terrible", dans la mesure où c'est devenu "une partie essentielle de la vie des gens". Pour Lawrence Lessig, la meilleure solution serait la "perception d'un forfait culturel pour l'accès aux oeuvres sur Internet". Hélas, une redevance fixe à travers une licence globale n'a jamais reçu le moindre écho favorable de la part du gouvernement français. Dès le deuxième jour des discussions sur la loi Hadopi, l'Assemblée nationale rejetait une version moderne de la licence globale. "Ce projet de loi ne vise pas à remettre à plat toutes les répartitions de revenus entre les ayants droits, mais à développer les revenus globaux de l'offre légale" avait alors lancé le rapporteur de la loi, Franck Riester. Quant à la question de savoir si le détournement ou la transformation de certains contenus sous prétexte de créativité est une violation du travail des artistes, Lawrence Lessig est on ne peut plus clair : il faut cesser de sacraliser à tout prix le travail d'un individu, qu'il soit artiste ou non. "On n'a jamais contrôlé à ce point l'usage de la culture qui nous entoure. C'est une vision extrême du copyright qui conduit nos enfants à braver la prohibition" confie-t-il. Preuve de cette dérive, la censure d'une vidéo (version sous-titrée en français) retraçant une conférence de Lawrence Lessig, dont le sujet était justement les raisons qui devraient pousser le législateur à modifier les règles du droit d'auteur, pour permettre à la société de sortir de la culture du "lecture seule" imposée par la technologie et les médias du 20e siècle, et entrer à nouveau dans une culture "lecture écriture", adaptée aux technologies d'aujourd'hui. La culture ne va pas s'effondrer, pas plus que les industries culturelles. En revanche, ces dernières seront tôt ou tard amenées à changer. "Le futur sera hybride, avec une culture amateur et une culture professionnelle qui continuera de générer des revenus" explique Lawrence Lessig. "Le modèle des blockbusters qui font des hits est remplacé par une plus large palette d'artistes pour des goûts différents". Pour la diversité culturelle, cela ne peut être que souhaitable. Finalement, l'adoption de cette loi risque de nourrir encore pour un temps "la guerre contre le copyright". Néanmoins, Lawrence Lessig est plutôt confiant dans l'avenir. Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons et les internautes finiront bien par faire infléchir les gouvernements. L'enjeu est de taille, comme l'avait expliqué Benjamin Bayart, le président du FAI FDN : "l'imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d'écrire". à lire aussi
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Commentaires à propos de «Lawrence Lessig : couper l'accès Internet, "une idée terrible"»
fourden, le 21/11/2009 - 17:34
@ Natasha T'etais vraiment oblige de remettre tout le texte ? lol Sinon oui +1 evidemment. Pourtant. Regarde bien j'ai nettoyé ! Enfin quelqu'un qui comprend les enjeux.
On a jamais vu le progrès reculer, toute tentative de le faire équivaut à empêcher la mer de monter avec une petite cuillère. Quelle illusion ! darius_france, le 21/11/2009 - 17:54
Enfin quelqu'un qui comprend les enjeux. On a jamais vu le progrès reculer, toute tentative de le faire équivaut à empêcher la mer de monter avec une petite cuillère. Quelle illusion ! "Y a même des enfants qui rêvent" ... darius_france, le 21/11/2009 - 17:54
Enfin quelqu'un qui comprend les enjeux. On a jamais vu le progrès reculer, toute tentative de le faire équivaut à empêcher la mer de monter avec une petite cuillère. Quelle illusion ! "Y a même des enfants qui rêvent" ... La balle est pas vraiment dans leur camp. Le téléchargement ne s'est jamais aussi bien porté. Et je gage qu'après une baisse du p2p (au moment de la mise en application d'Hadopi) ça repartira de plus belle. Il me font marrer avec leur cuillère à la main ! darius_france, le 21/11/2009 - 19:12
Il me font marrer avec leur cuillère à la main ! Beuh non, elle est en argent, et ils ne l'ont pas à la main, mais dans la bouche ... Alors, comment faire pour la leur retirer, de leur bouche, sans qu'ils pleurent ? > Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons
dont 99% de daube, disons les choses franchement. Il suffit pas de faire du chiffre, il faut aussi de la qualité et de la pérénité. Qui a sacralisé la contractualisation des usages, qui a glorifié la volonté du créateur au dépend du fair use, qui a encouragé à produire des daubes en masse sans se poser la question de la qualité ni de ce qu'on comptait en faire ? Lessig a fait fausse route. C'est pas avec un pipotron à licence qu'on résoud un conflit de pouvoir. Les Majors forment un trust, un monopole, et nous on veut tailler des croupières aux monopoles. Penser à boycotter, au passage. Noël approche. cultural flat rate : on en revient à la proposition de Kad, c'était en 2003. cfg, le 22/11/2009 - 00:42 > Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons dont 99% de daube, disons les choses franchement. Je crois rêver ! Ta mère ne t'a jamais dit que les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ? Je ne veux même pas savoir le 1% que tu apprécie vu ta grande ouverture d'esprit. > Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons
dont 99% de daube, disons les choses franchement. Ha, tiens, la même proportion que dans les contenus protégés par des licences conventionnelles... La Fédédération Française des constructeurs automobile a annoncé qu'elle allait poursuivre tout leur client qui ont tunné leur voiture.
C'est vrai quoi, il y a des ingénieurs et des techniciens qui se sont cassés le cul pour mettre au point des caisses, c'est pas pour que des "petits cons" les modifient ! Faut respecter le travail des autres ! Sanction envisagée : Interdiction totale de circulation sur le territoire pour celui qui monte des jantes de 18 pouces sur citronopipo C0 ! cfg, le 22/11/2009 - 00:42 > Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons dont 99% de daube, disons les choses franchement. Il suffit pas de faire du chiffre, il faut aussi de la qualité et de la pérénité. Qui a sacralisé la contractualisation des usages, qui a glorifié la volonté du créateur au dépend du fair use, qui a encouragé à produire des daubes en masse sans se poser la question de la qualité ni de ce qu'on comptait en faire ? Lessig a fait fausse route. C'est pas avec un pipotron à licence qu'on résoud un conflit de pouvoir. Les Majors forment un trust, un monopole, et nous on veut tailler des croupières aux monopoles. Penser à boycotter, au passage. Noël approche. cultural flat rate : on en revient à la proposition de Kad, c'était en 2003. Ce n'est pas avec des arguments en carton comme les gouts et les couleurs que tu parviendras à faire partager tes idées. Exiger de la qualité pour décider d'acheter est à peu près aussi idiot que de croire que l'interdiction provoquera une hausse des ventes. La licence globale n'est peut-être pas parfaite, mais c'est déjà plus constructif que de parler des gouts et des couleurs. jeyenkil, le 22/11/2009 - 06:04 > Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons
dont 99% de daube, disons les choses franchement. Ha, tiens, la même proportion que dans les contenus protégés par des licences conventionnelles... Sur 100 contenus sélectionnés au hasard, un seul individu n'en appréciera probablement qu'un ou deux. Donc 1% et ce quelque soit la licence. - J'ai vu la vidéo sous-titrée en fr...tout ce qu'il expose là a déjà été repris par d'autres...qui vont même plus loin comme Denis Ettighoffer :
http://www.neteco.co...ttighoffer.html ...Mais on ne peut que partager ses idées libristes : http://fr.readwritew...e-lessig-ebook/ Ce que les internaute s n'ont pas lu sur Numerama ; c'est aussi qu'il a participé à la fondation de la licence CC en 2001 : http://www.a-brest.n...rticle1027.html Démarré en 2001, le projet a donné naissance en 2002 à un premier jeu de licences libres, inspirées de la licence GNU GPL de la Free Software Foundation. La démarche s'est ensuite rapidement popularisée aux Etats-Unis, en raison notamment de la personnalité des fondateurs et des membres du comité directeur de Creative Commons. Parmi ceux-ci figurent en particulier Lawrence Lessig, professeur de droit à Stanford (où il a également fondé le “Center for Internet and Society“) et auteur de plusieurs ouvrages considérés comme autant de références par les partisans de la culture libre, ... “Nous refusons d'accepter un futur basé sur un féodalisme numérique, dans lequel nous ne posséderions pas les produits que nous achetons, mais disposerions d'un usage limité tant que nous nous acquittons d'une redevance. Nous devons stopper et inverser la tournure radicale des 'droits de propriété intellectuelle', qui menacent d'arriver à un point où ils conditionnent tous les autres droits individuels”. Et plus loin : “Nous nous battrons pour faire comprendre à tout le monde la valeur du bien commun, tout en évangélisant Linux et le modèle open source. Nous résisterons à toute législation répressive qui menace nos libertés individuelles et étouffe toute innovation. [...] Nous serons des participants actifs d'une culture libre de la connectivité et de la production, rendue possible comme jamais auparavant par l'internet et la technologie numérique, et nous nous battrons pour empêcher ce nouveau potentiel d'être noyauté par un contrôle institutionnel ou législatif”. Du combat contre l'abus des droits d'auteur à la remise en question de son principe même, le pas est vite franchi". ( Lessig ) Mais il existe un une précurseur qui a accouché de la chartre de la musique libre en 1998 : http://www.dogmazic....article&artid=6 - j'oubliais aussi Richard Stallman, qui a fondé le librisme, avec sa chartre GPL, pour Linux...vous connaissez la suite depuis ( pour la musique ). > Mais il existe un une précurseur qui a accouché de la charte de la musique libre en 1998.
Ca n'a pas de sens la musique libre. c'est un ghetto stérile. Le vrai précurseur c'est NAPSTER. C'est à partir de Napster que le partage mondial des oeuvres explose, et qu'on commence à se libérer du joug des Majors, c'est Napster qui fonde le début de la guerre entre les internautes et les majors avec les politiques et les artistes pris entre les deux camps retranchés. La musique libre, c'est franchement une idée stupide quand lessig a sorti un générateur automatique de licence, ce qui est franchement la dernière des idées saugrenues dont le village global avait besoin. Vous avez 150 millions d'oeuvres en CC et vous allez regarder tf1 ce soir. Vous êtes bien avancés avec votre magot d'oeuvres inécoutables qui tomberont dans l'oubli. Tout le monde est pas Maurice Ravel.
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Rappelant ne pas être "un partisan du piratage", le célèbre professeur de droit considère que la stratégie française visant à gérer la question du téléchargement illégal est sur la mauvaise voie. Si cela pose un nouveau défi au législateur et aux ayants droits, il considère cependant que "couper l'accès à Internet est une idée terrible", dans la mesure où c'est devenu "une partie essentielle de la vie des gens"
Pour Lawrence Lessig, la meilleure solution serait la "perception d'un forfait culturel pour l'accès aux oeuvres sur Internet". Hélas, une redevance fixe à travers une licence globale n'a jamais reçu le moindre écho favorable de la part du gouvernement français.
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Quant à la question de savoir si le détournement ou la transformation de certains contenus sous prétexte de créativité est une violation du travail des artistes, Lawrence Lessig est on ne peut plus clair : il faut cesser de sacraliser à tout prix le travail d'un individu, qu'il soit artiste ou non. "On n'a jamais contrôlé à ce point l'usage de la culture qui nous entoure. C'est une vision extrême du copyright qui conduit nos enfants à braver la prohibition" confie-t-il.
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La culture ne va pas s'effondrer, pas plus que les industries culturelles. En revanche, ces dernières seront tôt ou tard amenées à changer. "Le futur sera hybride, avec une culture amateur et une culture professionnelle qui continuera de générer des revenus" explique Lawrence Lessig. "Le modèle des blockbusters qui font des hits est remplacé par une plus large palette d'artistes pour des goûts différents". Pour la diversité culturelle, cela ne peut être que souhaitable.
Finalement, l'adoption de cette loi risque de nourrir encore pour un temps "la guerre contre le copyright". Néanmoins, Lawrence Lessig est plutôt confiant dans l'avenir. Pas moins de 150 millions de contenus culturels sont protégés par des licences souples Creative Commons et les internautes finiront bien par faire infléchir les gouvernements. L'enjeu est de taille, comme l'avait expliqué Benjamin Bayart, le président du FAI FDN : "l'imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d'écrire".
Ben voila une analyse que je partage totalement.
Rien à ajouter !