L'Union européenne n'avance pas de la même manière sur le dossier du téléchargement illégal. Alors que la France et le Royaume-Uni cherchent à déployer la riposte graduée dans leurs confins, l'Espagne, à travers sa ministre de la culture, a indiqué n'avoir aucun plan de la sorte pour gérer cette question. Un débat qui devrait cependant s'activer lorsque le pays prendra la présidence de l'Union européenne, le premier semestre prochain.

L’Espagne n’a aucun plan pour déconnecter les internautes du web qui seraient accusés de téléchargement illégal, malgré un fort intérêt français et britannique pour cette mesure.

Le ministre de la culture, Angeles González-Sinde, a déclaré lors d’une émission de TV matinale, TVE Breakfast, que le gouvernement espagnol ne souhaite pas transposer le principe de la riposte graduée en développement en France et au Royaume-Uni. « [L’Espagne] n’envisage pas la mise en œuvre de mesures répressives contre les internautes » a ainsi explique la ministre.

Une déclaration qui survient au moment où un accord final sur l’amendement 138 a été trouvé entre le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen, mercredi dernier. Bien que bâti sur un compromis, le texte devrait interdire la mise en place d’une riposte graduée expéditive sur le Vieux Continent, telle qu’elle fut envisagée en France lors des discussions autour de la loi Hadopi 1.

Pour la ministre, le vrai défi est de « s’attaquer à l’origine de tous ces contenus qui sont sur Internet, ainsi qu’à ceux qui font en véritable business« . Selon elle, le piratage est « une question très complexe et qui sera vraisemblablement très présente lorsque l’Espagne prendra la présidence tournante » du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier prochain.

La ligne suivie par la ministre s’accorde ainsi avec la position de Redtel, une association espagnole regroupant plusieurs FAI locaux, comme Telefonica, Vodafone, Orange et ONO. Le président de l’association, Miguel Canalejo avait expliquéqu’il n’était pour l’heure pas possible de trouver une base d’entente mutuelle entre les FAI et les industries culturelles. L’échec des pourparlers était à attribuer au manque d’offres légales crédibles du côté des ayants droits.

« Le piratage n’est pas un phénomène qui doit être poursuivi et diabolisé« , avait-il ainsi noté, estimant que « les fournisseurs de contenus doivent voir une approche plus axée sur l’entrepreneuriat. Ils défendent un ancien modèle de distribution alors que nous sommes en pleine création d’un nouveau business« .

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