La liberté d'expression permet-elle de tout dire ? C'est ce que pense Rosemary Port, une jeune Canadienne de 29 ans et auteur d'un blog particulièrement agressif sur certaines mannequins, en particulier Liskula Cohen. Elle reproche à Google d'avoir dévoilé à tort son identité et réclame à l'entreprise américaine la somme de 15 millions de dollars.

15 millions de dollars. C’est la somme que réclame à Google une bloggueuse du nom de Rosemary Port, une Canadienne de 29 ans et étudiante en technologie de la mode. La raison ? La jeune femme reproche au géant américain d’avoir dévoilé son identité à tous, alors qu’elle usait tout simplement de son droit à la liberté d’expression. Sauf que de liberté d’expression, il s’agit surtout de propos diffamants et insultants à l’égard d’un mannequin canadien, Liskula Cohen.

Et on voit déjà poindre l’imbroglio juridique qui se dessine. Apprenant qu’une bloggueuse officiant sur Blogger, une plate-forme de blogs appartenant à Google, était particulièrement incisive à son égard, Liskula Cohen chercha naturellement à savoir qui était le responsable du contenu, ne supportant que très modérément les qualificatifs de « psychotique », « menteuse » et autre « débauchée » que lui attribuait Rosemary.

Déposant plainte auprès d’un cour de New York, la juge en charge du dossier, Joan Madden, a donc sommé Google de fournir l’identité de la personne derrière ce blog. Peu disposé à vouloir faire à tout prix barrage à la justice, l’entreprise américaine obtempéra et dévoila le nom de la bloggueuse. Sauf que Rosemary Port n’a visiblement pas apprécié voir son identité dévoilée alors qu’elle usait de son droit le plus inaliénable, la liberté d’expression. Pour la jeune femme, c’est une atteinte claire à sa vie privée et il n’est pas question d’en rester là.

Alors que la mannequin a décidé de passer l’éponge et n’a pas donné suite à sa plainte contre Rosemary Port, cette dernière a annoncé, par le biais de son avocat, maitre Strazzullo, qu’elle allait invoquer le droit de parler anonymement et qu’elle réclame ni plus ni moins la somme faramineuse de 15 millions de dollars à Google, à titre de dommages et intérêts. Interrogée par le New York Daily News, la jeune femme explique que « c’est devenu une foire et ce n’est pas de ma faute. Avant qu’elle ne porte plainte, j’avais probablement deux visiteurs par jour sur mon blog : elle et moi. J’ai l’impression que ma vie privée a été violée« .

Quelle que soit l’issue de cette affaire, cela rappelle certaines limites de l’anonymat sur le web, en particulier lorsqu’on agit en tant que responsable de la publication de contenus. Ainsi, si vous êtes auteur d’un blog, vous devez savoir que vous êtes responsable des propos que vous tenez, mais également des commentaires que vous choisissez de conserver.

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