Alors que Geoff Taylor a regretté les ratés de l'industrie culturelle à l'ère numérique, Lars Ulrich du groupe Metallica persiste et signe en se déclarant fier d'avoir abattu Napster. Le groupe a toujours eu des rapports particuliers avec le P2P. Si Metallica a fait de la mort de Napster une affaire quasiment personnelle, la formation américaine a parfois apprécié cette technologie.

Il y a un peu plus d’un mois, le patron de l’association interprofessionnelle de l’industrie britannique du disque (BPI) admettait que l’industrie culturelle avait vraiment mal négocié le passage à l’ère numérique et s’était trop vite braqué sur Napster en l’attaquant sans relâche, pour un résultat que l’on connait. Non seulement cela n’a jamais freiné le téléchargement, mais en plus la disparition des réseaux centralisés a finalement été une aubaine pour les internautes du monde entier, avec l’arrivée de nouvelles technologies décentralisées.

Aujourd’hui, les ayants-droits ont beaucoup plus de mal pour mettre à terre un réseau qui n’a plus vraiment de centre. Pourtant, cette erreur n’est visiblement pas partagée par tous. En effet, Torrentfreak révèle que le batteur du groupe de musique américain Metallica, Lars Ulrich, n’avait absolument aucun regret, déclarant même sa fierté d’avoir participé à la destruction du pionnier du mouvement P2P : « je suis fier de ce que nous avons fait et ce que nous avons défendu. Avoir raison à propos de Napster n’a pas beaucoup d’importance pour moi. Je n’en tire aucune gloire » a-t-il indiqué.

Les rapports de Metallica avec le peer-to-peer ont toujours été ambivalents. Si leur croisade contre Napster a énormément mécontenté les internautes, au point de voir les plus virulents d’entre eux s’adonner à une campagne pour le moins hostile à leur endroit, Metallica a pourtant montré des signes d’un intérêt certain pour le P2P, Lars Ulrich allant jusqu’à se déclarer « content » du piratage du groupe ! Néanmoins, malgré des déclarations parfois pragmatiques, Lars Ulrich semble toujours être inflexible sur le sujet.

Pourtant, le risque est grand pour les artistes. Si l’industrie culturelle, les ayants-droits et les pouvoirs publics persistent dans leur croisade contre le téléchargement illégal sans proposer une vraie alternative crédible, nul doute que cela va pousser les internautes à opter pour des solutions toujours plus complexes à abattre. En effet, paradoxalement les efforts de quelques-uns pour abattre Napster ont été le meilleur vecteur pour pousser les internautes vers des outils anonymes, chiffrés et toujours plus décentralisés…

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