L'IFPI reconnaît une bourde mais ne s'excuse pas

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 30 Juillet 2008 à 09h06 - posté dans Musique Numérique

Comme ses petites soeurs la RIAA ou le SNEP, la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) se protège toujours derrière le respect et la défense des artistes pour justifier ses actions de terreur à l'encontre des internautes, quand bien même ce sont en fait les maisons de disques qu'elles représentent. Or plus que jamais, les maisons de disques et leurs artistes ont des intérêts antagonistes. Les premières veulent continuer à vendre des albums et en revendre davantage, alors que les seconds veulent surtout que leur musique soit écoutée par le plus grand nombre, pour qu'elle draine du monde dans leurs concerts. Souvent, les associations de maisons de disques attaquent les internautes au nom des artistes, là où les artistes les auraient laissé en paix.

Ca a été le cas ce mois-ci encore avec l'auteur d'un blog musical qui a diffusé une nouvelle chanson de Travis et qui a reçu par la suite une lettre de l'IFPI l'enjoignant de retirer au plus vite le MP3, ou d'en subir alors les conséquences judiciaires. La lettre mentionnait bien l'URL de la chanson J. Smith. de Travis, mais évoquait une chanson de Hercules and Love Affair. Visiblement une erreur de copier/coller. Mais ça n'était pas l'erreur la plus grave, loin de là. Puisque si le bloggeur s'est permis de diffuser le MP3 de Travis, c'est que le groupe lui-même avait demandé aux bloggeurs de le faire.

Le bloggeur a alors contacté Travis, et le chanteur Fran Healy a répondu dans la demi-heure pour confirmer qu'il lui donnait son blanc-seing, en expliquant même que la chanson n'était pas diffusée à la radio et que c'était leur moyen de la faire connaître. Sympa, Travis a écrit dans la foulée à l'IFPI pour leur signaler le quiproquo.

Finalement, l'IFPI a de nouveau écrit au bloggeur pour reconnaître son erreur, mais pas sans l'ombre du début d'une excuse. "Nous n'étions pas au courant de l'accord mais maintenant que ça nous a été notifié soyez libre de mettre le fichier à disposition", écrit simplement l'IFPI, qui tient à s'expliquer. "A cause du volume de contenus contrefaisants que nous trouvons en ligne, il arrivera que des fichiers légitimes soient pris pour des fichiers contrefaisants. Nous espérons que cette affaire montre que lorsque nous avons l'information correcte nous ne voulons pas stopper la promotion de la musique en ligne".

Elle montre surtout que dans son obsession à vouloir tout contrôler, l'industrie du disque en oublie de faire la distinction entre les pirates féroces qui lui causent le plus de préjudice, et les bloggeurs qui même éventuellement sans autorisation, font uniquement un travail gratuit de promotion des artistes.

Publié par Guillaume Champeau, le 30 Juillet 2008 à 09h06
 
 
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Commentaires à propos de «L'IFPI reconnaît une bourde mais ne s'excuse pas»
 
En même temps, sur ce coup je les comprends sur la forme.
moi, j'ai entendu dire qu'ils allaient arreter les membres du groupes pour recel et contrefaçon...
"Les premières veulent continuer à vendre des albums et en revendre davantage, alors que les seconds veulent surtout que leur musique soit écoutée par le plus grand nombre, pour qu'elle draine du monde dans leurs concerts."

ça m'énerve ce dictat du concert que certains cherchent à imposer. Certains artistes n'aiment pas se produire sur scène. ça ne les empêche pas de faire de l'excellente musique, et leur travail mérite un salaire.
Je n'approuve pas les maisons de disque et l'état dans leur lutte dérisoire pour le sauvetage d'un modèle dépasse. Il n'empêche que tout reste à inventer. Le modèle : musique gratuite pour concert payant ne colle pas, puis qu'il ne rémunère que une représentation ponctuelle. Une oeuvre musicale enregistrée n'a donc aucune valeur à tes yeux !?
ça n'est pas un dictat, c'est une réalité. Les concerts/produits dérivés représentent aujourd'hui les 2/3 des revenus des artistes, contre 1/3 il y a 10 ans.
La musique enregistrée n'est pas sans valeur, mais ce qui ne va pas dans ce que tu dis c'est la confusion entre salaire et rente, je suis salarié, je produit du code, des applications, je suis payé pour ce que je produit, mais après, je ne recevrai plus rien. Pourquoi la production musicale donnerait-elle droit à une rente ?
>Une oeuvre musicale enregistrée n'a donc aucune valeur à tes yeux !?
Il me semble que pour la majorité des bands, c'est peau de balle la rémunération CD/droits collectés, comparée à une représentation. Les ventes CDs sont bouffés par l'avance généralement accordée lors de la création de l'album. Les droits collectés sont une rente 'beurre-sur-épinards', pas plus. Je lis qu'il faut vendre au moins 100K albums en France pour pouvoir se passer des concerts et de l'intermittence. Donc, concert = première source de revenue.
Moi aussi je penses qu'il n'y a pas de musique sans concerts: ils sont l'essence même de la musique. A force de privilégié l'art enregistré, on est arrivé à un modèle absurde où les concerts servent de promo aux album.
à‡a ne veut pas dire que l'art enregistré n'est pas de l'art non-plus ... si c'est inadaptable à la scène où que l'artiste ne souhaite pas se produire, et bien temps pis pour lui. Cela dit, il a encore la chance de pouvoir se faire connaitre par Internet, ça aide :)
gaspotruc Écrit Aujourd'hui, 10:09 La musique enregistrée n'est pas sans valeur, mais ce qui ne va pas dans ce que tu dis c'est la confusion entre salaire et rente, je suis salarié, je produit du code, des applications, je suis payé pour ce que je produit, mais après, je ne recevrai plus rien. Pourquoi la production musicale donnerait-elle droit à une rente ?

donc tu ne connais ni la maison des artistes ni l'agessa???? :eek: :Hein: :shifty: :non:
@gaspotruc: j'avoue qu'en tant que warrior du code, nous avons un statut minable: puisque nous oeuvrons sur une 'oeuvre collective' nous ne pouvons prétendre à la propriété intellectuelle de notre travail, etc. J'ai fait du Jeu Vidéo pendant 10 années dans des studios, et il aura été particulièrement criant et dégueulasse de voir autant d'artistes (graphistes, designers, et... programmeurs) ne pouvant prétendre à aucun titre particulier, autre que celui de tâcheron. La seule solution était de prendre son indépendance: ce que font les muzicos de par leur statut, et les structures associés.
Pour le coup, c'est nous (codeurs) qui avons tout faux en abandonnant généralement tous droits sur notre production.
Je suis contre les rentes à vie, mais un statut plus 'créatif' aurait été plus juste sur certains des projets que j'ai eu a mener :)
Et le nom du MP3 réuploadé:
travis_sorry_ifpi.mp3 ^^

Merci à ce groupe en tout cas.
"L'IFPI reconnait une bourde mais ne s'excuse pas". ...
ce qu'elle n'a pas à faire d'ailleurs puisqu'il serait trop simple de s'excuser soit-même. Tout au plus pourrait-elle "présenter ses excuses" dans l'espoir de se voir, éventuellement, excusée.
Joli countryboy ...

Enfin quelqu'un qui connait la politesse!
marcogringo, le 01/01/1970 - 01:00
"Les premières veulent continuer à vendre des albums et en revendre davantage, alors que les seconds veulent surtout que leur musique soit écoutée par le plus grand nombre, pour qu'elle draine du monde dans leurs concerts."

ça m'énerve ce dictat du concert que certains cherchent à imposer. Certains artistes n'aiment pas se produire sur scène. ça ne les empêche pas de faire de l'excellente musique, et leur travail mérite un salaire.
Je n'approuve pas les maisons de disque et l'état dans leur lutte dérisoire pour le sauvetage d'un modèle dépasse. Il n'empêche que tout reste à inventer. Le modèle : musique gratuite pour concert payant ne colle pas, puis qu'il ne rémunère que une représentation ponctuelle. Une oeuvre musicale enregistrée n'a donc aucune valeur à tes yeux !?

Je pense à peu près la même chose. :bienvu:

Ronfladonf, le 01/01/1970 - 01:00
Joli countryboy ...

Enfin quelqu'un qui connait la politesse!

C'est quand même un peu de l'enculage de mouches, ça ! :D
Plunk, c'est un point de vue. En ce qui me concerne, c'est simplement le respect de la précision de la langue qui nous permet de faire nous comprendre et de vivre du mieux possible ensemble (au fait Kad : ce n'était pas une attaque personnelle! L'erreur est tellement répandue que plus personne ne se pose plus la question.)
[mais pas sans l'ombre du début d'une excuse]
Double négation (pas + sans) = Affirmation
il me semble du moins.

Joli coup de l'ifpi qui fait preuve d'un grand sérieux dans son action. *ironie*

Ca vaut la frappe chirurgicale américaine quoi...
alimbourg, le 01/01/1970 - 01:00
@gaspotruc: j'avoue qu'en tant que warrior du code, nous avons un statut minable: puisque nous oeuvrons sur une 'oeuvre collective' nous ne pouvons prétendre à la propriété intellectuelle de notre travail, etc.
Sauf erreur de ma part, même si tu es seul à bosser sur le projet (qui devient, ou qui est à la base une 'oeuvre personnelle'), tu n'as quand même aucun droit dessus : tout ce que tu crées est la propriété de l'entreprise.
On ne s'excuse pas auprès des personnes qu'on méprise, même en cas d'erreur.
On s'excuse lorsque l'on respecte une personne.
L'IFPI est donc cohérente lorsqu'elle ne s'excuse pas.
@ Contryboy

le verbe "s'excuser" est parfaitement français, il se conjuge ainsi. On peut certe "présenter ses excuses", mais la phrase : "L'IFPI reconnaît une bourde mais ne s'excuse pas." est correcte.
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