La plus populaire des applications pour rencontre entre hommes vient d'être entièrement rachetée par le sulfureux géant du jeu vidéo chinois Kunlun. L'entreprise de Beijing est souvent accusée de collusion avec le pouvoir communiste.

Fondée en 2009 à Los Angeles, l’entreprise derrière Grindr, première application de rencontres gay au monde, est aujourd’hui intégralement chinoise. Avec plus de deux millions d’utilisateurs au quatre coin du monde, l’application est le plus important réseau social pour homosexuels.

Grindr

Kunlun, éditeur de jeux vidéo chinois était déjà rentré au capital de Grindr il y a moins de quatre mois. Le Chinois avait alors racheté 62,53 % de l’entreprise américaine pour un montant de 93 millions de dollars, obtenant ainsi une grande marge de manœuvre sur la firme et son projet.

Ce mercredi, ce sont 152 millions de dollars qui sont à nouveau investis par l’éditeur de Beijing. Kunlun souhaite en effet acquérir l’intégralité de l’entreprise, soit les 38,47 % restants. La firme de Beijing a déjà annoncé à la bourse son investissement qui sera réglé rubis sur l’ongle.

Pour ce nouveau géant chinois, passé maître du software, ce rachat est l’occasion de souligner sa stratégie d’expansion mondiale. Alors que l’entreprise a fait fortune grâce aux jeux, elle souhaite désormais étendre sa domination sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué, Kunlun ambitionne déjà de préparer de nouvelles divisions pour inclure ses différents projets qui s’étaleront des jeux à la vidéo en passant par la littérature et la mise en réseau.

Souhaitant rééditer en Chine le succès de Momo. Inc — sorte de Tinder local –, la firme avait déjà précisé en janvier que ses investissements devaient aboutir à une forte internationalisation de la marque de Joe Shimkai, le charismatique créateur de l’application.

Dans un pays où l’homosexualité reste très difficile à vivre et peu acceptée dans une société définie par l’opposition des genres héritée du confucianisme, les applications comme Grindr et surtout Blued (entreprise chinoise) portent une communauté davantage virtuelle qu’incarnée.

Certains dénoncent déjà une mainmise sur le secret des échanges de ces deux applications par le gouvernement chinois, n’hésitant pas à souligner l’intérêt pour le pouvoir de détenir ces échanges confidentiels entre homosexuels du monde entier.

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