Encore embryonnaire pour certain, débutée pour d'autres, l'aventure des startups qui veulent révolutionner les invendus commence. Que retenir de ces dégriffes alimentaires ?

Alexandre Bellage assure aux médias qui l’interrogent que le fameux déclic qui fait naître les startups a eu lieu pour lui et sa boîte alors qu’il était dans un supermarché, à regarder un vendeur de sushis hurler ses dernières promotions avant la fin de sa journée. Les invendus, des sushis aux viennoiseries en passant par tout le spectre culinaire qui sépare les deux produits, devront aller à la poubelle. Quelques clients se précipitent sur les promos, mais notre jeune entrepreneur se demande pourquoi personne
ne relie directement les vendeurs avec des consommateurs, par géolocalisation, Internet étant plus porteur que les cris des chalands à la fin de la journée.

OptiMiam
OptiMiam

Ainsi est né Optimiam. En très bref, c’est une jeune startup avec une application mobile qui se propose de répertorier les commerçant souhaitant faire part de leurs promotions sur les invendus, qui seront périmés le lendemain. Ensuite, ces produits sont proposés aux utilisateurs à la fermeture des magasins. Ceux-ci réservent à un prix réduit les produits et doivent seulement aller les chercher. L’entreprise a travaillé sur l’expérience d’achat des invendus, et dans le fond tente de rendre un peu glamour — de manière très enfantine en réalité — la dégriffe alimentaire.

Il y a, c’est vrai, en France une question posée par le gaspillage alimentaire. Un problème qui n’a jamais pu être solutionné par des soldes, pour des raisons évidentes de chimie. Tout le défi pour le commerçant qui ne souhaite pas jeter est d’informer et d’atteindre rapidement, en moins de vingt-quatre heures, une potentielle clientèle. La solution était inéluctablement numérique, l’information étant alors prise dans un canal plus instantané, et plus direct. Et armés de leurs applications, leurs grands sourires et leurs noms franglais douteux, nos startupers français ont vite analysé la situation.

À côté d’Optimiam, on trouve Too Good To Go, qui a la même histoire à quelques déclinaisons près (et un nom d’application réduit involontairement insultant, TGTG). La légère différenciation entre les deux tient plus à leur charte graphique qu’autre chose : chez Too Good To Go on joue la carte militante et on finance une expansion dans toute la France sur KissKiss. Est-ce vivable au quotidien pour un consommateur bien averti ? Sûrement pas. Est-ce pratique pour faire de petites économies de temps à autres tout en refusant l’absurdité de jeter de la nourriture bonne à consommer quand une bonne partie de la planète a faim ? Clairement.

Néanmoins, le bénéfice de ces services se mesurera sur la longueur. Quant à l’idée d’en tirer une rentabilité, nous imaginons qu’il faudra d’abord rendre indispensable aux yeux des commerçants un carnet de stock interactif et leur montrer, chiffres à l’appui, que leurs revenus augmentent grâce à l’application.

En tout cas, le problème existe, la cause est bonne, la réalisation est efficace : reste à espérer que le concept séduise les clients.

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