Les puces AMD vont être dupliquées et adaptées au marché industriel chinois (et donc au monde entier ?) par une co-entreprise créée avec THATIC.

En marge de la publication de ses résultats du premier trimestre 2016 — toujours à la baisse mais au-delà des attentes, au demeurant — le fondeur AMD annonce la création d’une joint venture en Chine. Le groupe dirigé par Lisa Su a signé un accord de licence avec Tianjin Haiguang Advanced Technology Investment (THATIC), une filiale de l’Académie chinoise des sciences.

Dans le cadre de cet accord, l’Académie chinoise des sciences dispose des licences des technologies de processeurs estampillés AMD pour les adapter et commercialiser ses propres processeurs, sur un modèle proche de celui de ARM.

293 millions de dollars de revenus pour la co-entreprise

L’idée est de créer une offre de puces de type SoC (associant CPU, GPU et chipset) pour s’adresser au marché chinois du serveur. Dans le cadre de cet accord, la co-entreprise se versera 293 millions de dollars de revenus (104 millions cette année). AMD encaissera, par ailleurs, des intérêts sur les ventes des futurs produits issus de cette échange.

Plus petit que son rival Intel, la vente de licences de ses technologies est un moyen d’étendre sa force de frappe pour AMD, estime Jim McGregor, analyste du marché pour le cabinet Tirias Research. Au-delà de la commercialisation de ses produits, AMD cherche à monétiser tout ce qu’il peut, quitte à vendre sa propriété intellectuelle, ce qui est néanmoins un risque, tempère Patrick Moorhead, un autre analyste pour le cabinet Moor Insights.

Le constructeur avait délivré sa road map le mois dernier.
Le constructeur avait délivré sa road map le mois dernier.

Habitué à observer une guerre à couteaux tirés avec AMD, le marché chinois des x86 va donc accueillir un nouvel acteur qui risque de fragmenter les parts de marché d’Intel. Et non des moindres, puisqu’avec cet accord, c’est ni plus ni moins le gouvernement chinois qui met la main sur l’architecture x86 du fabricant AMD. Alors qu’il a dernièrement investi massivement en Chine, Intel semble pris de court par l’instinct de survie de son éternel concurrent.

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