Gameloft, via son conseil d'administration, a rejeté en bloc l'OPA déposée par Vivendi. Le studio de jeux vidéo veut conserver son indépendance et dénonce l'attitude de la multinationale.

L’assaut mené par Vivendi dans l’optique de prendre le contrôle de Gameloft ne sera pas une promenade de santé. Réuni vendredi pour discuter de l’offre publique d’achat déposée par la multinationale, le conseil d’administration du studio de jeux vidéo a fait comprendre qu’il ne se laissera pas faire.

Dans un communiqué publié ce lundi, c’est avant tout la pauvreté de l’offre qui est pointée du doigt. Pour la société spécialisée dans la conception de jeux destinés aux smartphones, le montant par action — 6 euros — est insuffisant au regard de la valeur de l’entreprise et de ses perspectives.

Gameloft
Un studio spécialisé dans les jeux sur les smartphones.

Le groupe s’interroge également sur la vision à long terme de Vivendi, dans la mesure où ses actifs dans le jeu vidéo — c’est-à-dire sa participation dans Activision Blizzard — sont de l’histoire ancienne. Aujourd’hui, Vivendi « n’a plus aucune activité susceptible d’apporter des synergies à Gameloft ».

Il est vrai que la multinationale française ne repose plus que sur deux piliers : la musique, avec Universal Music, et la télévision payante, avec Canal+. Ces deux entreprises sont les deux principales sources de son chiffre d’affaires, maintenant que Vivendi n’a plus la moindre bille chez Activision Blizzard.

Enfin, deux autres éléments sont mis en avant par Gameloft pour justifier son rejet de l’OPA.

Offre insuffisante, déstabilisation des équipes, absence de vision, duperie des actionnaires… Gameloft liste ses griefs.

D’abord, le caractère déstabilisant de la proposition au sein des équipes du studio, qui sont présentées comme « très attachées au caractère indépendant de la société », et ensuite les modalités de l’entrée au capital, qualifiées de trompeuses par le conseil d’administration, qui auraient « lésé » les actionnaires minoritaires.

Dès l’annonce de l’OPA par Vivendi mi-février, Gameloft avait qualifié « d’hostiles » les intentions de la multinationale, qui souhaite récupérer 100 % du studio. À l’heure actuelle, elle en détient un peu plus de 30 %

En décembre, Vivendi avait fait comprendre que la prise de contrôle de Gameloft était une éventualité très sérieuse s’il n’était pas possible d’établir « approche constructive permettant d’étudier une collaboration fructueuse pour les deux groupes ». Approche constructive dont personne n’a vraiment vu la couleur, tant Vivendi a accéléré la cadence ces dernières semaines.

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