De la Ferrari Luce aux Tesla, plusieurs constructeurs ont remplacé le câblage en cuivre par de l’aluminium. Quel est l’impact de ce choix dans le secteur automobile ?   

Poussés par la chasse aux kilos et aux coûts, les constructeurs automobiles basculent progressivement vers des câbles en aluminium. C’est une transition invisible pour l’acheteur, mais une petite révolution dans l’industrie auto. Pour relier les batteries, les moteurs et les différents composants électroniques, les constructeurs utilisent des kilomètres de câbles.

Le cuivre a longtemps régné en maître. Une enquête de Reuters révèle néanmoins qu’il y a une véritable tendance de fond à remplacer le cuivre par l’aluminium. Parmi les constructeurs qui expérimentent cette solution, il y a plus d’un nom connu : Tesla, BMW, Ferrari, Stellantis, Xpeng, Avatr et Xiaomi.

Moins de kilos, plus de kilomètres

Pour un constructeur de voitures de sport comme Ferrari, le choix du matériau est d’abord une affaire de performances. Cette solution a été intégrée à la conception de la Ferrari 296 (hybride rechargeable), mais surtout sur la Luce, sa toute première supercar 100 % électrique dévoilée fin mai 2026. La marque au cheval cabré annonce avoir économisé 20 % du poids total du câblage grâce à l’aluminium.

Dans l’univers du véhicule électrique, chaque gramme économisé a un impact direct sur l’autonomie. C’est la raison pour laquelle Tesla a contribué à populariser cette approche dès 2019 avec son Model Y, avant de généraliser la technologie sur le Cybertruck. Même constat chez BMW, qui intègre désormais massivement l’aluminium dans son système eDrive de dernière génération.

Assemblage de Model Y à la Gigafactory Tesla Berlin // Source : Capture vidéo Tesla
Assemblage de Model Y à la Gigafactory Tesla Berlin // Source : Capture vidéo Tesla

À noter que 85 % des câblages à l’intérieur des packs batteries restent encore en cuivre à l’heure actuelle. Ce matériau a encore de beaux jours devant lui avant d’être entièrement remplacé.

Une réponse à la flambée du cours du cuivre

Les constructeurs n’ont pas attendu de voir le prix du cuivre grimper en flèche pour s’intéresser à une alternative. Toutefois, la flambée de la matière première les conforte dans leur choix : fin janvier, la tonne de cuivre se négociait autour de 15 000 dollars (un peu plus de 13 000 euros). Nul doute que de nombreux autres constructeurs vont rapidement envisager d’intégrer cette solution.

À environ 3 100 dollars la tonne (2 700 euros environ), il est quatre fois moins cher que le cuivre. Ferrari se défend d’être passé à l’aluminium en raison du coût : « Nous ne choisissons pas l’aluminium parce qu’il est moins cher, nous choisissons le matériau qui offre de meilleures performances » indique Dario Esposito, responsable de la communication chez Ferrari, à Reuters.

Tesla n’a pas souhaité commenter, mais nul doute qu’Elon Musk pourrait confirmer son intérêt pour l’impact que cela a sur le coût de production de son Model Y. Chez Tesla, chaque centime économisé compte, tant que les performances demeurent identiques.

Des limites physiques et environnementales

Pour autant, remplacer le cuivre ne se fait pas d’un simple coup de baguette magique. L’aluminium a des limites physiques qu’il faut compenser :

  • Une conductivité inférieure : À volume égal, l’aluminium conduit moins bien l’électricité que le cuivre. Pour faire passer la même puissance, les ingénieurs doivent concevoir des câbles plus épais (moins flexibles).
  • Le bilan carbone : La production d’aluminium vierge est extrêmement gourmande en énergie, ce qui peut alourdir l’empreinte carbone initiale de la fabrication de la voiture.

Malgré cela, le pli est pris : la banque JPMorgan estime que la part de l’aluminium dans la demande de câblage va tripler d’ici 2030, portée par la Chine qui pousse politiquement ses constructeurs à abandonner le cuivre.

Une solution pour éviter les vols sur les bornes de recharge ?

Cette mutation technologique de l’automobile pourrait bien inspirer un autre secteur en crise : celui des infrastructures de recharge. Partout en Europe, les opérateurs de bornes font face à une explosion des vols de câbles. Sectionnés en pleine nuit par des réseaux organisés pour être revendus au marché noir quelques dizaines d’euros, ces câbles en cuivre coûtent une fortune aux opérateurs et pénalisent les conducteurs de véhicules électriques.

Vol des câbles du superchargeur Tesla // Source : Tesla Club Portugal  sur X
Vol des câbles du superchargeur Tesla // Source : Tesla Club Portugal sur X

Si les constructeurs automobiles prouvent aujourd’hui que l’aluminium est capable de supporter les fortes tensions des véhicules modernes, il y a fort à parier que les fabricants de bornes de recharge rapide y verront rapidement la parade ultime contre le vandalisme. Les fabricants se sont déjà penchés sur la question, mais le problème de la flexibilité des câbles reste encore à résoudre. Espérons qu’une solution sera trouvée rapidement pour mettre fin au carnage actuel.  

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Un édito exclusif, un guide, une reco de lecture et l’agenda de la rédaction : c’est ce que vous trouverez tous les jeudis dans ToujoursPlus, la newsletter tech écrite par Julien Cadot. Inscrivez-vous gratuitement ici !