Genius a essayé d’obtenir une sanction contre Google, parce qu’il lui reprochait d’avoir piqué chez lui des paroles de chansons. Mais ça n’a rien donné.

Rien n’y fait. Les tentatives du site Genius pour obtenir une condamnation de Google n’aboutissent pas. Le 10 mars, le site spécialisé dans l’affichage de paroles de chansons a connu une nouvelle déconvenue judiciaire aux États-Unis, en appel cette fois. Les magistrats ont confirmé le verdict rendu en 2020 par le tribunal, qui a estimé que Google n’était pas fautif envers Genius.

Quel est le problème ? Genius héberge des titres de chansons par dizaines de milliers sur son site. Il s’avère que Google fait de même, sauf que lui les montre directement dans les résultats d’une recherche. Dès lors, les internautes sont moins susceptibles d’aller visite une page de Genius (ou de n’importe qui d’autre) si les lyrics sont directement montrés.

Un sabotage volontaire pour démontrer des pratiques douteuses

Genius s’en est offusqué, mais parce qu’il a considéré que Google se permettait de copier directement les textes depuis son site. Pour s’en assurer, le site a « saboté » certaines paroles en y glissant des caractères spéciaux. Or, ces indices se sont retrouvés dans les phrases affichées par Google. La répartition de ces caractères a permis, selon Genius, de coincer Google.

La situation était étrange : Google a assuré de ne pas aspirer les contenus d’autres sites. En outre, la firme de Mountain View a passé un accord en 2016 avec le site LyricFind pour afficher les paroles. Ce serait plutôt une erreur de son partenaire et non pas une tactique délibérée de l’entreprise californienne. Malgré cela, une plainte a été déposée.

Mais comme cela a été déjà relevé en première instance, la propriété des paroles des chansons appartient avant tout aux paroliers et aux parolières. Même si Genius a fait preuve d’une certaine habileté (ce qui a notamment poussé Google à afficher désormais la provenance de ces informations), Genius n’est pas le propriétaire des paroles qu’il agrège.

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Les textes de chansons appartiennent avant tout aux paroliers et aux parolières. // Source : TEDxBozeman

Genius a certes essayé de se placer sur un autre terrain que sur le droit d’auteur, en invoquant une « rupture de contrat », un « enrichissement et concurrence déloyale », mais le tribunal a considéré qu’il s’agissait davantage d’un problème de propriété intellectuelle. Le dossier a été rejeté, mais Genius a quand même tenté de faire appel pour renverser la première décision.

Cela n’a pas donné le résultat escompté. Les juges ont confirmé que les paroles en jeu sont effectivement protégées par des droits d’auteur, mais Genius n’en a pas la propriété, même si les allégations du site contre Google au sujet de l’extraction de textes depuis son espace semblaient crédibles. C’est une mauvaise pratique en soi, mais ça ne constitue pas une vraie infraction au droit d’auteur.

C’est en 2014 que Google a commencé à afficher des paroles sur son moteur de recherche. Lors de l’annonce du partenariat, LyricFind déclarait détenir les droits d’exploitation des textes de plus de 4 000 éditeurs, dont les majors que sont Sony, Warner et Universal Music. Il était précisé que leur exploitation était possible dans cent pays à travers le monde, dont la France.