Opera dévoile le Crypto Browser Project, un navigateur web qui veut donner accès aux services Web3 et qui intègre un portefeuille en crypto-monnaie.

Opera bascule dans le monde de la crypto-monnaie et du Web3. Le 20 janvier 2022, l’entreprise norvégienne a présenté son nouveau projet, le « Crypto Browser Project », un navigateur web spécial, conçu pour s’adapter à la prochaine évolution du net. Par ailleurs, ce navigateur a aussi pour vocation d’intégrer un portefeuille dédié à la crypto-monnaie.

Pour qui ne connaitrait pas le Web3, il s’agit, selon ses partisans, de la prochaine itération du réseau, qui doit aboutir à une décentralisation accrue du net. Sur le papier, il est question d’avoir recours à la blockchain, ou chaîne de blocs en français, un procédé technique qui est au cœur des crypto-monnaies, mais dont l’usage va aussi au-delà.

portefeuille Crypto Browser
Le portefeuille intégré dans le navigateur. // Source : Opera

Le Web3 a toutefois ses détracteurs, qui l’attaquent vivement : le Web3 est à leurs yeux de la pure mystification et une vaste fumisterie. La décentralisation du web, si elle est jugée nécessaire pour combattre la constitution de géants du net, n’a pas besoin de la crypto pour cela. En la mettant dans la boucle, ce serait accepter une vision financiarisée du web.

Opera saute à pieds joints dans la crypto

C’est donc dans cette direction très controversée que s’engage Opera, avec son projet de « Crypto Browser Project ». Celui-ci est disponible dans une version en bêta pour Windows, Mac et Android, avec plusieurs mises à jour attendues tout au long de l’année. Ainsi, une interopérabilité accrue avec diverses blockchains est par exemple attendue dans les mois à venir.

« Nous poursuivons une stratégie inclusive, multi-chaîne et nous embrassons autant de partenariats dApp (applications décentralisées, NDLR) et de noms de domaine que possible, pour rendre l’utilisation de la crypto et du Web3 transparente pour nos utilisateurs », dit Opera. Sont cités en partenaires Polygon, Solana, Nervos, Celo, Unstoppable Domains, Handshake et ENS.

Il est donc question de faciliter la navigation dans les applications décentralisées, les jetons non fongibles (NFT) basés sur le Web3, mais aussi aux transactions en crypto-monnaie, à la finance décentralisée, mais aussi à des métavers pensés pour ce nouvel environnement. Beaucoup de « buzzwords » d’un coup, crieraient les contempteurs du Web3.

Crypto Browser web3
Un navigateur qui se dit prêt pour le Web3. // Source : Opera

Pour Opera, trop peu d’expériences de navigation web proposées aujourd’hui sont construites avec l’intention de mettre le Web3 au centre de la navigation et de rendre les technologies blockchain compréhensibles et faciles à utiliser. Pour autant, cela ne veut pas dire que le navigateur ne peut plus surfer sur le web « classique », auquel on accède aujourd’hui.

Ainsi, dans une barre latérale, on peut toujours retrouver Twitter, Telegram ou bien WhatsApp, grâce à une intégration dédiée. Le navigateur contient un agrégateur d’actualités et de données pour suivre l’actualité de la crypto, les prix des actifs, les cours, les évènements, etc. On pourra aussi faire des affaires avec son portefeuille en crypto, en achetant, vendant ou échangeant des devises.

Ce n’est pas la première fois que la société norvégienne s’approche de cet univers : en 2018, Opera intégrait nativement un portefeuille pour la crypto dans son navigateur web principal. Cette prise en charge s’est poursuivie et développée au fil des ans, mais l’annonce de cette initiative montre le désir de franchir une étape plus conséquente.

Opera apparait être le premier gros éditeur d’un navigateur web à sauter un tel cap. Sa part de marché sur mobile lui permet de rivaliser avec Firefox par exemple, mais il est plus en retrait sur PC — Edge, Safari ou encore Firefox sont nettement plus hauts. Quant à Google Chrome, il est définitivement trop loin pour qu’une comparaison soit raisonnable.