Plusieurs étapes doivent être franchies au cours des quatre prochaines semaines.

OVH, le jour d’après. Après la destruction d’une partie importante de son centre de données situé à Strasbourg, l’entreprise française spécialisée dans l’hébergement web commence à y voir plus clair et, surtout, elle peut évoquer un premier planning pour relancer le data center, du moins les parties de l’installation qui ont été épargnées par les flammes ou, du moins, qui n’ont pas été trop touchées.

Car dans la nuit du 9 au 10 mars, le centre de données d’OVH dans l’est du pays a été victime d’un terrible incendie. Cela a non seulement rappelé que les services dans le cloud reposent sur des infrastructures bien réelles, pouvant être soumises à toutes sortes d’aléas, mais a aussi montré l’importance qu’il y a, pour les sites web, à avoir des plans de secours pour pouvoir rebondir en cas d’incident majeur.

Le data center strasbourgeois d’OVH est composé de quatre parties : on sait que SBG2 a été détruit en intégralité, tandis que SBG1 a été partiellement endommagé (quatre salles sur douze ont été attaquées par le feu). Les parties SBG3 et SBG4 sont par contre sauves. Elles ne sont toutefois plus alimentées en électricité, celle-ci ayant évidemment été coupée lors de l’incendie et de l’intervention des pompiers.

OVH Strasbourg
Le data center SBG2 au centre de l’image. // Source : StrasTV

Le fondateur d’OVH, Octave Klaba, a donné un premier calendrier de redémarrage le 10 mars, sur Twitter.

Il est prévu de redémarrer le 15 mars SBG1, SBG4 et le réseau. Puis, dans un second temps, le 19 mars, ce sera au tour de SBG3. Dans un précédent tweet, l’intéressé indiquait qu’il y aurait des travaux de raccordement électrique à accomplir pour les trois parties, vérifier l’état d’une salle réseau, en reconstruire une autre, et contrôler la fibre optique. Ces tâches pourraient prendre une à deux semaines.

OVH prévoit aussi de mobiliser ses autres centres de données. Plus exactement, ses deux principaux autres data centers français, qui sont situés à Roubaix et Gravelines. Octava Klaba a rappelé que les autres installations du groupe ont du matériel en stock pour appuyer la relance d’un certain nombre de clients. Il est notamment question de déployer 10 000 nouveaux serveurs d’ici trois à quatre semaines.

L’origine de l’incendie, si l’on sait qu’il s’est déclenché dans une salle de SBG2, et qu’il a été détecté un peu avant une heure du matin, n’est pas encore identifiée. Une enquête est en cours. L’entreprise ajoute poursuivre l’évaluation de l’impact de l’incident sur les clients dont les données étaient situées dans le centre de données SBG2, et dont certaines pourraient être perdues faute de plan B.

3,6 millions de sites web touchés

Autre question dont un début de réponse commence à apparaître : le nombre de sites web qui a pâti de la destruction partielle du data center strasbourgeois. Selon une mesure faite par Netcraft, « environ 3,6 millions de sites web répartis sur 464 000 domaines distincts ont été mis hors ligne après l’incendie ». Il s’agit de statistiques globales, OVH proposant aussi ses services à des clients étrangers.

Concernant les sites utilisant le domaine rattaché à la France (« .fr »), Netcraft a compté « 184 000 sites web hors service répartis sur 59 600 noms de domaine distincts ». D’après lui, cela représente 1,9 % de tous les domaines « .fr » dans le monde qui ont été touchés. À noter qu’on n peut pas identifier tous les sites français touchés de cette façon, car certains utilisent d’autres extensions (comme « .com »).

C’est d’ailleurs ce que signale Netcraft : la plupart des sites web touchés utilisent le domaine générique « .com ». En l’espèce ont été concernés 880 000 sites web répartis sur 180 000 domaines. On trouve aussi des sites utilisant d’autres domaines nationaux, tel le « .uk », (24 100 sites sur 8 700 domaines), mais aussi des sites officiels de pays étrangers, de la Pologne à la Côte d’Ivoire, en passant par le Pays de Galles.

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