Sur les réseaux sociaux, certains studios de jeux mobiles ont la fâcheuse tendance à mettre en avant dans leurs publicités des modes de jeu anecdotiques, qui ne reflètent pas fidèlement ce qu'est vraiment le gameplay. Au Royaume-Uni, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité a sévi contre l'un de ces éditeurs.

Ce sont des publicités pour des jeux mobiles que vous avez probablement aperçues au fil de vos visites sur Instagram, entre deux stories issues de vos abonnements. D’ailleurs, peut-être ont-elles fait mouche, en vous poussant à aller sur l’App Store ou Google Play pour télécharger telle ou telle application. Et si vous en êtes revenu, c’est sans doute parce que les réclames diffusées sur le réseau social ne correspondaient en fait pas vraiment à ce qu’était vraiment le jeu mobile.

Il s’avère que ces annonces commencent à faire l’objet d’une régulation plus stricte. La preuve avec l’intervention de l’Advertising Standards Authority, l’équivalent britannique de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. La BBC rapporte dans son édition du 12 octobre que des publicités pour les jeux Homescapes et Gardenscapes, deux titres proposés par le studio Playrix, étaient désormais bannies outre-Manche, car elles s’avèrent trompeuses sur ce que les jeux proposent.

Dans les publicités, on voit en effet des scènes variées censées montrer le gameplay tel qu’il est vraiment. Si l’on se fie à ces annonces, il s’agit d’applications de réflexion où il faut tirer des tiges dans un ordre précis pour compléter un niveau. Il peut s’agir d’une tige qui retient de l’eau prête à tomber sur un four en flammes ou bien, dans un autre niveau, d’une clé à libérer pour permettre à un personnage de sortir des oubliettes. Et là encore, l’accent est mis sur ces fameuses tiges à déplacer.

Ce que vous pensez avoir.

Un mélange de FarmVille et Candy Crush Saga qui n’a rien à voir

Or lorsqu’on lance Gardenscapes, on se rend vite compte que le jeu est surtout un concept hybride entre FarmVille (où vous devez entretenir et embellir des jardins et des bâtiments) et Candy Crush Saga (où il vous faut aligner des éléments identiques horizontalement ou verticalement pour marquer des points). Certes, il existe bien des mini-jeux de réflexion comme ceux apparaissant dans les publicités, mais ils n’en constituent pas le cœur : ce sont surtout des puzzles à la Candy Crush Saga qu’il faut finir.

En effet, en tout cas pour les premiers niveaux, Gardenscapes vous demande de résoudre ces puzzles pour débloquer des étoiles qui serviront ensuite de monnaie d’échange pour rénover les lieux, en ajoutant des bancs, en construisant une fontaine ou bien en décorant la pelouse. Sur notre première partie, nous avons eu droit à quatre niveaux à la Candy Crush Saga, ainsi qu’à des tâches correspondantes rappelant FarmVille, mais un seul mini-jeu de réflexion semblable aux publicités.

Ce que vous avez vraiment.

Cette incohérence entre ce qui est montré dans les pubs et ce que le jeu a à offrir vraiment est d’autant plus incompréhensible que Gardenscapes n’est ni injouable ni affreux : les animations sont soignées, la direction artistique tout à fait convenable et l’interface claire. Les puzzles peuvent aussi séduire un public. Bien sûr, comme tout jeu free to play (F2P), le design est pensé pour faire dépenser du vrai argent pour aller plus vite ou pour effacer certains temps de recharge, classiques en F2P.

Dans son jugement, l’Advertising Standards Authority estime que les annonces ne sont pas représentatives du gameplay principal. D’ailleurs, plusieurs internautes s’en étaient plaints auprès de l’instance de régulation. Initialement, ces mini-jeux apparaissaient beaucoup plus tard, mais sporadiquement. Or, comme les joueurs et les joueuses finissaient par lâcher le jeu, parce que ces mini-jeux n’étaient pas proposés d’emblée, ils ne les voyaient de fait jamais. Playrix a certes mis à jour son jeu pour en faire apparaître plus tôt, mais cela reste de l’ordre de l’anecdotique.

Le mode de jeu est ici assez différent de ce qui est promis dans la publicité.

Playrix n’édit pas que ces deux jeux (Homescapes et Gardenscapes) : il y a aussi Fishdom, Township, Manor Matters et Wildscapes. À chaque fois, la thématique est différente, mais les fondations restent identiques, en mêlant puzzle et rénovation d’une zone. Et de toute évidence, cela marche, car presque chaque jeu vidéo a franchi la barre des 100 millions de téléchargements. Et celui qui a les statistiques les plus basses n’a pas à rougir : il a déjà été téléchargé plus d’un million de fois.

Or, compte tenu de l’importance du free to play dans le modèle économique de Playrix, l’intervention de l’Advertising Standards Authority apparaît comme salutaire. Elle sonne comme un rappel à l’ordre nécessaire dans le milieu des jeux mobiles, dont les pubs qui fleurissent sur les réseaux sociaux. ont tendance à exagérer ou à distordre ce qu’est vraiment le jeu, à un point où elles ne sont plus du tout fidèles.

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