La modélisation du cœur humain sous une forme virtuelle pourrait permettre aux chirurgiens de réaliser moins d'opérations, et avec plus de précision. Cette méthode innovante va être testée dès la rentrée 2019 sur 160 patients.

Une petite révolution technologique pourrait bien faire prochainement son entrée dans les salles d’opération. Dès la rentrée 2019, une nouvelle méthode chirurgicale novatrice va passer en phase de test clinique dans plusieurs hôpitaux américains, sur 160 patients. Il s’agit d’une méthode de modélisation virtuelle qui pourra apporter beaucoup aux patients souffrant de troubles cardiaques. Elle est annoncée dans un article de recherche publié le 19 août 2019 dans le journal Nature.

L’approche relève de la médecine assistée par ordinateur. Elle a été développée sur plusieurs années par Natalia Trayanova, professeure en ingénierie biomédicale. Après plusieurs démonstrations de la faisabilité, elle a finalement obtenu l’autorisation de passer au stade des mises en pratique cliniques à grande échelle. Le procédé consiste à scanner le corps du patient via une imagerie par résonance magnétique, afin de modéliser virtuellement le cœur du patient.

Dans la technique OPTIMA, le coeur humain est modélisé virtuellement en 3D. // Source : Patrick M. Boyle and Natalia A. Trayanova

Objectif : moins d’opérations, moins de risques

Natalia Trayanova et son équipe se concentrent principalement sur la fibrillation atriale. Ce trouble du rythme cardiaque est non seulement fréquent, mais le nombre de cas est en train de s’accroître (10 millions de personnes pourraient en être atteintes aux États-Unis d’ici 2020). Si ce trouble se soigne bien lorsqu’il est intermittent, une fibrillation atriale persistante est difficile à opérer : le patient doit repasser plusieurs fois sur la table d’opération ce qui crée, à chaque fois, toujours plus de cicatrices.

C’est là qu’intervient Optimal Target Identification via Modelling of Arrhythmogenesis, ou OPTIMA, la méthode de Natalia Trayanova. Une fois le cœur humain du patient simulé virtuellement, les médecins peuvent identifier très précisément les tissus à cibler en priorité, autant que ceux à préserver pour ne rien endommager. Les ablations peuvent être testées virtuellement à plusieurs reprises pour vérifier toutes les réactions que cela provoque.

Résultat, grâce à cette assistance par ordinateur, une seule et même opération est nécessaire pour opérer un trouble cardiaque persistant, tout en limitant les risques. L’étude est globalement un succès depuis ses débuts, et Natalia Trayanova est confiante pour cette nouvelle de tests cliniques plus ambitieux : « Ce succès [de la méthode] est un exemple passionnant de la façon dont la technologie d’ingénierie peut être utilisée en clinique pour aider à rendre le traitement plus précis et éviter aux patients des procédures multiples, coûteuses et parfois risquées ».

Si les tests cliniques sont aussi concluants que toutes les précédentes expérimentations, la méthode sera probablement approuvée pour être officiellement mise en place de manière plus systématique.

Crédit photo de la une : Pixabay

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