Une startup connue pour aider le gouvernement chinois à surveiller ses citoyens s'est lancée dans un projet... plus éthique ? Elle veut aider à retrouver les chiens perdus par leurs maîtres.

C’est ce qu’on appelle se racheter une conscience. Après avoir fourni des outils de surveillance étatique au gouvernement chinois, une startup a décidé de se lancer dans un projet plus éthique, a rapporté Abacus ce 13 juillet. Il consiste à retrouver des chiens perdus grâce à un système d’intelligence artificielle de reconnaissance… de truffes.

Des museaux presque uniques

Megvii est une startup chinoise créée en 2011. Elle est réputée pour fournir au gouvernement chinois un logiciel de reconnaissance faciale, qui sert à des fins de surveillance. Elle penche actuellement sur une autre application possible pour ces outils : elle voudrait les utiliser pour retrouver des chiens perdus.

Avec quelques ajustements, le logiciel est parvenu à reconnaître les chiens. Du moins, il arrive à reconnaître leurs museaux et les identifier grâce à ceci.

Une petite truffe de corgi <3 // Source : Pixabay

Les museaux de chiens sont un peu comme les empreintes digitales des humains. Ils possèdent des reliefs différents.

Un outil éthique… vraiment ?

Selon Megvii, ses algorithmes seraient un système moins intrusif que les modes d’identification classique comme les puces électroniques. Surtout, cela serait également moins cher, permettant à n’importe qui d’identifier son animal de compagnie — grâce à une photo en haute définition tout de même.

Des truffes. // Source : Megvii / Abacus

Des associations de protection animale utilisent déjà l’identification par empreintes de truffes, précise Abacus. Il existe même une application pour smartphones, Finding Rover, qui utilise la reconnaissance faciale automatique. L’IA permettrait de travailler plus vite et plus efficacement : celle de Megvii affiche près de 95 % de réussite. Finding Rover elle, aurait permis de retrouver plus de 15 000 chiens, selon son fondateur.

Megvii a-t-elle basculé du bon côté de la force avec ce nouveau projet ? Rien n’est moins sûr. L’entreprise se voit déjà vendre la reconnaissance de museaux au gouvernement chinois. Cela lui permettait d’espionner et d’exercer un peu plus de répression sur les habitants. Ceux qui promènent leur chien sans laisse ou oublient de ramasser ses déjections seront plus facilement épinglés grâce à la startup.

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