Parfois très utile, souvent critiqué par les autorités, le réseau Tor est l'objet de nombreux fantasmes -- notamment autour du « dark web ». On vous explique d'où vient son nom.

Tor est un réseau décentralisé qui permet de naviguer de manière plus cachée. Vous connaissez aussi peut-être le Tor Browser, un navigateur associé reposant sur Firefox. Mais savez-vous pourquoi Tor s’appelle Tor ?

Une histoire d’oignon

Le réseau Tor a été développé dans les années 1990 et sa version alpha a été présentée en 2002 par un groupe de mathématiciens, d’informaticiens, de membres de la Navy américaine et de la Darpa, une agence de recherche publique locale. L’objectif de base était de sécuriser les communications, notamment celles de la marine de guerre.

Des membres de la Navy. Image d’illustration. // Source : Navy Live

Le terme Tor est un acronyme qui signifie « The onion router » ou « routage en oignon » en français. Cela fait référence à la manière dont s’articule le réseau. Comme un oignon, il se compose de plusieurs couches successives. Au lieu de connecter directement deux entités (une personne et un site sur le réseau onion par exemple) via un même et unique « tunnel », il introduit entre elles des relais qui rendent difficile le pistage. Ces relais sont ce qu’on appelle des nœuds. Entre chaque nœud, un «  tunnel » différent est pris. À l’intérieur, les communications sont chiffrées avec une clé spécifique à chaque tunnel.

Un prix du logiciel libre

Il s’agit ainsi d’un moyen de naviguer sur le Web plutôt anonymisé. En 2010, Tor a reçu le prix du logiciel libre dans la catégorie intérêt social.

Tor fait aussi l’objet de nombreuses critiques car certains estiment que l’anonymat facilite des délits ou crimes. Des organisations malveillantes utilisent en effet ce réseau pour mener des activités illicites. Mais ce n’était absolument pas le but de base de Tor : preuve en est le fait que deux organismes étatiques (la Navy et la Darpa) aient contribué à sa création.

Encore récemment, le projet Tor a bénéficié de donations importantes de la part d’organismes publics comme le Département d’État américain. Ces liens sont en fait si présents que selon certains, Tor ne serait… pas assez anonyme. Dans un article daté de 2015, le Guardian expliquait que l’agence de sécurité nationale américaine (NSA) avait tenté avec plus ou moins de succès d’espionner les internautes via ce réseau.

De manière générale, l’armée ou la police utilisent elles aussi Tor, que ce soit pour mener des enquêtes ou encore aujourd’hui, pour sécuriser leur navigation.

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