Le PDG d’OpenAI a publié un message de « gratitude » envers les développeurs qui ont écrit du code « caractère par caractère ». Un tweet qui a déclenché une vague de colère, dans un secteur de la tech en pleine tourmente sociale.

« Merci de nous avoir amenés jusqu’ici », voilà comment se conclut le message de Sam Altman publié sur X le 17 mars 2026.

Un message présenté comme bienveillant de la part du patron d’OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT : « J’ai une immense gratitude envers les personnes qui ont écrit des logiciels extrêmement complexes, caractère par caractère. Il est déjà difficile de se souvenir des efforts que cela demandait vraiment ». Mais il n’a pas tardé à faire réagir.

La formulation est soignée. Trop, peut-être. Car ce que le tweet dit en creux est assez évident : cette époque est révolue. Les développeurs ont porté la programmation informatique jusqu’à un certain point, celui où l’IA peut désormais s’en charger.

Les réponses acides fusent

Sur X, la section commentaires fait désormais office de réquisitoire.

Plusieurs internautes soulignent qu’OpenAI a entraîné ses modèles sur du code écrit par ces mêmes développeurs, sans leur accord, sans les rémunérer, sans les créditer.

Le grief n’est pas infondé. En novembre 2022, un cabinet américain avait notamment déposé une action collective contre GitHub, Microsoft et OpenAI au nom de développeurs open source, reprochant à GitHub Copilot d’avoir été entraîné sur des milliards de lignes de code sans respecter les termes des licences d’origine.

Dans les réponses, l’ironie et la colère se mêlent, portées par une crainte plus profonde : voir la profession perturbée durablement par des IA dont les capacités de génération de code progressent à grande vitesse. « Sympa de savoir que notre récompense, c’est la perte de nos emplois », résume un des répondants.

Les craintes de « job-apocalypse »

Car le tweet d’Altman intervient dans un contexte particulier. Ces dernières semaines, plusieurs grandes entreprises technologiques ont annoncé des suppressions de postes d’ampleur en invoquant régulièrement l’IA comme justification. Block, la société de Jack Dorsey par exemple, a licencié près de la moitié de ses effectifs, et Meta est soupçonnée de préparer une vague touchant plus de 20 % de ses salariés.

Sam Altman, cofondateur et PDG d'OpenAI. // Source : TechCrunch
Sam Altman, cofondateur et PDG d’OpenAI. // Source : TechCrunch

Une rhétorique pourtant à prendre avec précaution, y compris selon Altman lui-même. Le PDG d’OpenAI soulignait il y a quelques semaines une certaine tendance patronale à rendre responsable l’IA de licenciements qui auraient eu lieu de toute façon. Un discours qui se veut rassurant, mais difficile à entendre de la part d’une figure centrale de l’écosystème IA, juge et partie par essence.

Pour l’heure, les chiffres disponibles nuancent quelque peu le récit catastrophiste. Selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas, 55 000 postes ont été supprimés aux États-Unis en 2025 en raison directe de l’IA, un chiffre loin d’être négligeable, mais mesuré à l’échelle du marché de l’emploi américain.

Reste la question que même Altman dit ne pas savoir trancher : les emplois qui seront créés par cette révolution technologique seront-ils aussi nombreux que ceux qui disparaissent ? Seront-ils accessibles à ceux qui les ont perdus ? Son tweet de gratitude n’y répond pas.

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