Reconnaître le visage des voyageurs pour leur indiquer le chemin vers leur porte d'embarquement dans une aéroport, une bonne idée ? Pas sûr.

Le 24 mars 2019, Matthew Brennan, rédacteur et analyste spécialiste de la Chine, a publié une vidéo sur son compte Twitter dans laquelle on voit un écran dans un aéroport reconnaître sa tête et lui donner le trajet jusqu’à sa porte d’embarquement. Brennan n’a rien configuré au préalable et la technologie développée par le Chengdu Shuangliu International Airport a simplement eu besoin de voir quelques secondes la tête de Brennan pour tout savoir où presque sur son voyage.

La vidéo, vue plus d’un millions de fois, a déclenché de nombreuses réactions. La plupart d’entre elles oscillent entre surprise et terreur. Et on ne peut que les comprendre. D’un côté, on voit comment une telle technologie peut être pratique. Les aéroports ne sont pas les endroits les mieux indiqués, d’autant plus quand on ajoute la barrière de la langue à l’équation. Avoir une technologie qui permet d’indiquer visuellement où aller pour ne pas rater son vol est clairement utile.

La reconnaissance faciale, quel intérêt ?

Mais, au fond, à quoi sert la reconnaissance faciale ? Si l’on regarde attentivement la vidéo, on voit que le système met quand même quelques secondes avant de reconnaître Matthew Brennan. On se dit qu’un terminal avec un lecteur de code-barre ou de QR Code, qui figure quoi qu’il arrive sur le billet, aurait fait exactement le même job sans que personne n’ait à se soucier de la confidentialité des données récoltées pour l’opération — visage, identité et parcours du voyageur. Mieux encore : une application en réalité augmentée proposée par exemple par l’aéroport aurait eu encore plus d’utilité, capable de guider pas à pas la personne tenant le smartphone qui la lance.

Dès lors, il est légitime d’y voir une nouvelle démonstration des technologies de surveillance déployées par la Chine. Aujourd’hui, la reconnaissance faciale est un jeu d’enfant et elle peut tout autant servir à trier des photos qu’à repérer des individus recherchés par la police… ou, en Chine, qui n’auraient pas un bon score social. Quand on sait que ce système de points peut être utilisé pour empêcher les Chinois mal notés de voyager, on se dit que ce type de technologies déployés dans les aéroports est une étape supplémentaire : une personne indésirable reconnue par l’écran peut tout à fait être arrêtée.

Reconnaissance faciale à la GTC

Le tout, sans même évoquer les risques de sécurité liés à la technologie : autant d’informations en temps réel sur une base de données, voilà un trésor pour de potentiels hackers.

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