HandsAway, une application qui soutient les victimes de sexisme, veut créer une carte répertoriant les lieux d'aide en cas d'agression. Un financement participatif est ouvert.

L’application mobile HandsAway continue de lutter contre le sexisme et le harcèlement de rue. Le 7 février 2019, les gérantes de l’association ont annoncé une nouvelle campagne de financement participatif. Elle doit permettre de répertorier dans l’app les lieux où les victimes peuvent trouver écoute et refuge.

Jusqu’au 8 avril, les internautes qui le souhaitent peuvent faire un don via HelloAsso. Les fonds récoltés permettront de créer une carte directement dans l’app avec les lieux d’aide triés par catégorie.

Des lieux d’écoute et de soutien

« Nous commencerons par les neuf plus grandes villes françaises [ndlr : Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Grenoble, Lille, Nantes, Marseille et Nice], nous explique Lucile Dupuy, cheffe du projet HandsAway depuis juillet dernier. Nous voudrions ensuite l’étendre partout en France. »

Comment fonctionnera cette nouvelle interface ? Elle regroupera les lieux en distinguant leurs différentes fonctions : les postes de police et de sécurité, les hôpitaux et lieux de santé, les hébergements d’urgence, les lieux d’aide juridique et les lieux permettant d’ « être écouté.e ». Sur la carte, chaque emplacement sera repérable grâce à son logo.

La nouvelle interface imaginée pour HandsAway. // Source : HandsAway

Lucile Dupuy nous explique que cette évolution est une suite logique pour les utilisatrices et utilisateurs de l’app, qui regroupe aujourd’hui 46 000 personnes. « Nous avons fait un sondage auprès d’eux en septembre 2018 et cela faisait partie de leurs attentes », nous déclare-t-elle.

Les responsables d’HandsAway espèrent récolter 30 000 euros pour remplir cet objectif. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 1 995 euros ont été obtenus.

Un lien entre associations et victimes

À plus long terme, les gestionnaires de l’application ont d’autres ambitions. « Nous voudrions dans un second temps renforcer la connexion entre les victimes et les associations, en créant des comptes spéciaux pour ces dernières », poursuit Lucile Dupuy. Ces comptes permettront aux associations de prendre contact avec les victimes et de les accompagner au commissariat pour déposer plainte.

Les responsables de l’app. // Source : HandsAway

Seuls 2,9 % des actes sexistes font l’objet d’une plainte, selon le Haut Conseil à l’égalité. « Si les associations contactent les victimes, le nombre de plaintes va augmenter  », nous assure la cheffe de projet.

HandsAway mise aujourd’hui sur deux piliers pour récolter de l’argent : l’app est revendue en marque grise — inspirant ainsi l’app Touche pas à ma pote en Belgique — et les membres d’HandsAway proposent des séances de sensibilisation au sexisme dans des entreprises parisiennes.

D’autres évolutions envisagées

L’association espère dépasser l’objectif fixé dans ce nouveau crowdfunding pour enrichir encore plus l’app : un bouton permettant d’appeler la police, un forum d’échange ou la possibilité d’enregistrer l’agression pour conserver une preuve pourraient être ajoutés si HandsAway atteint 60 000 euros sur Helloasso.

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