Les débits auxquels ont droit les clients de Free Mobile dont les télécommunications passent en transit sur le réseau d'Orange viennent d'être bridées. Une fois de plus.

Vous avez un abonnement téléphonique auprès de Free Mobile ? Depuis le 1er janvier 2019, peut-être avez-vous perçu une chute des débits lorsque vous surfez sur le net. Si c’est le cas, il est possible que cette baisse de performances ait à voir avec l’accord d’itinérance signé en 2011 par Free Mobile et Orange . Celui-ci prévoit un bridage de l’accès à Internet du premier par le second.

Rappel des faits. Quand a été actée la décision de faire entrer un quatrième acteur sur le marché de la téléphonie mobile, en l’occurrence Free, il a été décidé d’aider le jeune entrant à être opérationnel d’entrée de jeu. Aussi un accord d’itinérance nationale sur la 2G et la 3G a été mis en place avec Orange, l’opérateur historique, pour accompagner les premières années de Free Mobile.

free mobile carte sim
Une carte SIM Free Mobile. // Source : Guillaume Coqueblin

Accompagner les débuts de Free Mobile

En effet, Free ne possédait aucun réseau téléphonique en propre au moment de se lancer dans le grand bain. Il a donc fallu qu’un des trois acteurs déjà en place (Orange, Bouygues Telecom et SFR) lui donne accès à ses infrastructures pour que les télécommunications (appels, SMS, MMS, Internet mobile) des clients de Free Mobile arrivent à bon port. Ceci, le temps qu’il construise son propre réseau.

Initialement, il était prévu que cet accord dure cinq ans, jusqu’en 2018. À cette date, Free Mobile devait être capable d’opérer un réseau couvrant 90 % de la population vivant en France métropolitaine (c’est le cas, y compris en 4G, d’après les statistiques du régulateur des télécoms). En parallèle, et de façon progressive, l’accord d’itinérance devait être petit à petit être éteint.

Ce découplage progressif a fait l’objet d’un autre accord entre Orange et Free Mobile et qui a été approuvé en juin 2016. Celui-ci organise, sur une période de quatre ans s’étalant de 2016 à 2020, la fin de l’itinérance nationale, par un bridage de plus en plus marqué de la vitesse de connexion. Ce plan agace la concurrence, qui estime qu’il s’agit d’une extension de deux ans de l’accord initial.

antenne relais
Un support pour antennes relais. // Source : Leon Brooks

768 kb/s maximum en itinérance

Dans ce cadre, les débits auxquels à accès Free Mobile lorsque ses télécommunications passent par le réseau d’Orange sont progressivement réduits. Ils ne pouvaient pas excéder 5 Mb/s en téléchargement entre le 1er septembre et le 31 décembre 2016 (et 448 kb/s en envoi), puis 1 Mb/s pour les années 2017 et 2018. La vitesse d’envoi a par contre été maintenue à 448 kb/s.

Pour 2019, la donne change : la vitesse maximale en itinérance sur le réseau Orange est fixée à 768 kb/s . Concernant l’envoi, elle descend à 384 kb/s . Ce régime sera appliqué toute l’année et sera durci dès le 1er janvier de l’année prochaine. À ce moment-là, les mobinautes Free Mobile en itinérance sur le réseau Orange n’auront plus droit qu’à 384 kb/s en téléchargement et 384 kb/s en téléversement.

Ces restrictions ne sont pas censées affecter un grand nombre de clients de Free Mobile, puisque l’opérateur fait transiter de plus en plus de communications sur son réseau. Seule une petite portion, qui se réduit continuellement à mesure que de nouvelles antennes-relais sont érigées et mises en service, en souffrira. Ces bridages ne concernent pas les abonnés dont les flux passent sur le réseau de Free.

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