Le mois dernier, un groupe de chercheurs a partagé son nouveau projet, HeadOn, bien plus évolué que son prédécesseur dans la copie et la retranscription des mouvements du corps humain.

Souvenez-vous, c’était en mars 2016 : la technologie Face2Face permettait déjà de manipuler l’image de personnalités publiques en reproduisant les paroles du truqueur sur le visage de la victime. Il était déjà possible d’imaginer les dérives possibles qu’une telle technologie pouvait permettre.

Deux ans plus tard, le 13 mai 2018, les mêmes chercheurs à l’origine de Face2Face ont présenté HeadOn, un dispositif qui permet non seulement de copier les mouvements faciaux du sujet mais aussi ceux de sa tête, de son cou et même de son buste.

Capture d’écran de l’expérimentation

L’imitation qui approche peu à peu de la perfection

Les chercheurs Justus Thies, Michael Zollhöfer, Christian Theobalt, Marc Stamminger et Matthias Nießner décrivent HeadOn comme la première reconstitution en temps réel de source à cible. Elle permet d’obtenir un vidéo-portrait humain, capable de retranscrire les mouvements du torse, de la tête mais également l’expression faciale et le regard.

Face2Face était déjà impressionnant mais HeadOn atteint un tout autre niveau, marquant un progrès majeur dans l’imitation en temps réel. Tandis que Face2Face souffrait de quelques imperfections assez notables — le visage des sujets restait assez figé –, HeadOn apporte une fluidité jusqu’à alors manquante.

Rien d’étonnant à cela puisque la technologie copie les éléments essentiels du langage corporel, que même un plan coupé au buste ne peut ignorer. Mouvements des épaules, basculement du torse, haussement des sourcils, tous ces détails participent à la réalité d’un corps humain. HeadOn remédie en partie à cela.

Extrait du rapport des chercheurs, disponible en ligne.

Néanmoins, HeadOn présente encore quelques limitations. Pour commencer, rappelons que cette reconstitution se limite qu’à la partie supérieure du corps, sans tenir compte ni des bras ni des mains. De même, il est plus que compliqué de reconstituer le mouvement d’une chevelure ou une rotation radicale de la tête, qui se traduisent par des flous. Les chercheurs concluent ainsi leur rapport : « Nous pensons que notre méthode est un tremplin pour un plus large domaine dans le montage vidéo. »

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