Le laboratoire de recherche du géant de Mountain View étudie la façon dont l'intelligence artificielle (IA) peut épauler les agriculteurs sur leurs exploitations, afin de minimiser les pertes et d'augmenter les rendements.

Et si le paysage agricole de demain était réorganisé grâce à l’intelligence artificielle ? Selon le magazine Fortune, le laboratoire de recherche d’Alphabet, la maison-mère de Google, se pencherait sur le rôle que pourrait jouer l’IA dans l’agriculture, de manière à aider les agriculteurs à optimiser au maximum leurs exploitations agricoles.

Il y a effectivement un enjeu majeur

Mais aussi et surtout réduire leurs pertes. D’après les estimations de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, citées par Engadget, 20 à 40 % des productions sont perdues chaque année et même les exploitations les plus productives connaissent des problèmes de déperdition.

Des drones pour scanner les récoltes

Astro Teller, le responsable du laboratoire Google X, explique que ses équipes passent beaucoup de temps sur le terrain, aux côtés des agriculteurs, pour mieux comprendre dans quelle mesure la technologie peut s’avérer salvatrice, voire indispensable, pour limiter les pertes et améliorer les rendements, tout en tenant compte des problématiques de développement durable.

Pour illustrer sa stratégie, le chef des opérations a donné mardi 27 mars, lors de l’EmTech Digital à San Francisco, l’exemple de producteurs de tomates. S’il sont évidemment capables d’évaluer eux-mêmes l’état de la production (sont-elles mûres ? En train de pourrir ?), il leur est délicat de vérifier chaque tomate de chaque plant, une par une, dans le détail.

Plutôt que de faire cette tâche fastidieuse et chronophage, les agriculteurs pourraient miser sur des drones dotés d’une vision par ordinaire afin d’effectuer la besogne et leur laisser l’occasion de s’atteler à d’autres tâches plus intéressantes ou pour lesquelles l’automatisation n’est pas d’une grande aide.

Bientôt des drones pour les épauler ? CC : Wikimedia Commons

Réduire la malnutrition

L’IA pourrait donc réduire les pertes, mais aussi améliorer la qualité des récoltes. Ce qui n’est pas rien : ce type d’évolution pourrait réduire la malnutrition et, de facto, améliorer la qualité de vie d’une grande partie de la population mondiale. Ceci à supposer que les évolutions high-tech puissent être déployées dans des régions plus pauvres, là où frappe justement la sous-alimentation, ce qui est loin d’être acquis pour des raisons évidentes de coût.

Toutefois, il vaut mieux ne pas mettre la charrue avant les bœufs. En effet, Astro Teller a précisé que la firme de Mountain View n’a encore aucun projet concret dans les tuyaux. Il n’empêche : elle souhaite s’investir davantage. Et qui sait, elle pourrait aiguillonner le milieu agricole et industriel, exactement comme ce que l’entreprise américaine à se lançant dès 2010 dans la voiture autonome.

Une chose est sûre, la firme de Mountain View n’est pas la seule à vouloir s’engouffrer dans la brèche.

Microsoft soutient les projets d’IA autour des problématiques environnementales

L’été dernier, Microsoft a annoncé le lancement d’Al for Earth, un fonds d’investissement pour soutenir les projets en IA liés aux problématiques environnementales (l’agriculture, l’eau, la biodiversité et le changement climatique). La firme s’engage à donner l’équivalent de deux millions de dollars en outils informatiques aux projets participants afin de les aider à se concrétiser.

Pour voir son projet soutenu, il faut répondre à une condition sine qua non : ne pas élaborer une intelligence artificielle destinée simplement à remplacer des services déjà existants, mais au contraire, apporter des solutions à des problèmes encore irrésolus. Pour ceux que ça intéresse, il est encore possible de s’y inscrire jusqu’au 9 avril 2018.

Microsoft

Au Japon, place aux robots fermiers

Du côté du Japon, pays très en avance sur nombre de sujet, la technologie au service de l’agriculture semble s’imposer comme une évidence. Il faut dire que le pays détient peut-être actuellement son ultime génération d’agriculteurs. Pour assurer la relève, le pays du Soleil-Levant pourrait donc compter sur des robots pour nourrir sa population.

D’après nos confrères de Business Insider, le pays soutient d’ores et déjà le développement de vingt types de robots différents pour remplacer les hommes dans les champs. Des « robots fermiers » pourraient donc progressivement peupler les champs nippons dans les décennies à venir.

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