Après avoir suscité la colère du monde entier en laissant l’IA Grok déshabiller des femmes sans leur consentement sur X, la société d’Elon Musk, xAI, réagit — disons-le — à sa manière. Cette semaine, l’outil a provoqué une vive indignation : sous les publications de femmes — parfois mineures –, des hommes ont massivement demandé à l’IA de générer des images d’elles en maillot de bain ou partiellement dénudées.
À la suite de la polémique, plusieurs médias, dont TechCrunch, ont remarqué le 9 janvier 2026 que le réseau social réservait désormais la génération d’images par IA aux abonnés payants de X. Ce changement n’a fait l’objet d’aucune annonce ni d’explication publique. Il a simplement été repéré par des utilisateurs, confrontés à ce message en tentant de générer des images : « La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités. ». Jusqu’ici, cette fonctionnalité était largement accessible (avec des limites quotidiennes) et permettait de modifier ou créer des images en mentionnant @Grok sous une publication.

Elon Musk capitalise sur l’horreur ?
En résumé, plutôt que de suspendre la génération d’images par Grok ou de déployer de véritables garde-fous techniques, xAI et X ont opté pour une solution bien différente : réserver cette fonctionnalité aux abonnés payants de la plateforme. L’accès à un outil ayant permis la production massive de deepfakes sexualisés devient ainsi un avantage premium, sans que les problèmes de fond soulevés par la polémique ne semblent réellement traités. Au fond, somme-nous vraiment étonnés ?
Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Le gouvernement britannique a vivement dénoncé cette mesure, estimant qu’elle revenait à transformer « simplement une fonctionnalité permettant la création d’images illégales en un service premium », constituant ainsi « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles », rapporte la BBC.
De façon générale, face au tollé, la réaction d’Elon Musk — et plus largement de son entreprise — est restée relativement sobre. Dans un message publié le 3 janvier 2026, le patron du réseau social s’est contenté de répondre à un utilisateur, affirmant que « toute personne utilisant Grok pour créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle téléchargeait du contenu illégal ».

Dans la foulée, le compte @Safety — le compte officiel chargé de communiquer sur la « sécurité » de la plateforme (mdr) — a déclaré prendre « des mesures contre les contenus illégaux sur X, notamment les contenus pédopornographiques, en les supprimant, en suspendant définitivement les comptes et en collaborant avec les autorités locales et les forces de l’ordre si nécessaire ». Ça tombe bien. Plusieurs pays, dont la France, ont ouvert des enquêtes ou engagé des procédures contre X à la suite de la diffusion de deepfakes sexualisés générés par Grok.
En France, le parquet de Paris enquête sur Grok et X pour des faits de pornographie enfantine et de deepfakes sexuels, après des signalements officiels émanant du gouvernement. L’Inde, la Malaisie, le Royaume-Uni et d’autres pays ont, de leur côté, exigé des explications urgentes de la part de X, tout en imposant — ou en préparant — de nouvelles obligations afin d’encadrer plus strictement Grok.
Le 8 janvier 2026, la Commission européenne a rappelé que ces contenus sont illégaux au regard du droit européen, avant d’adresser à X une demande formelle de conservation des documents liés à Grok et à la modération de ces contenus. Cette obligation, valable jusqu’à la fin de l’année 2026, s’inscrit dans le cadre de potentielles procédures au titre du Digital Services Act (DSA), susceptibles de déboucher sur des sanctions. La version « Spicy » de Grok est, par ailleurs, elle aussi dans le collimateur des régulateurs européens.
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