Sonos a lancé la Era 300, une nouvelle enceinte susceptible de se fondre dans une configuration home cinéma et, surtout, d’en sublimer les performances. On a testé l’installation ultime, et la plus-value est réelle.

Quand Sonos a officialisé la Era 300, son enceinte pensée comme un porte-étendard du Dolby Atmos, j’ai entraperçu un moyen de faire évoluer mon installation home cinéma conçue par la marque. Elle est articulée autour de la barre de son Arc, la plus performante du catalogue et qui offre déjà un rendu Dolby Atmos quand le contenu le permet. En effet, les produits commercialisés par Sonos sont pensés pour s’intégrer dans un écosystème évolutif et simple à configurer. On commence par une enceinte, puis on en ajoute une deuxième pour créer un vrai ensemble stéréo, et ainsi de suite en fonction des envies.

Je suis donc passé d’une configuration Arc + One (x2) + Sub (coûteuse) à une configuration Arc + Era 300 (x2) + Sub (encore plus onéreuse, le pack est affiché à 2 751 € sur le site de Sonos), laquelle offre un rendu en 7.1.4. Si la première option m’apportait satisfaction, autant sur la simplicité d’utilisation que sur la facilité d’installation (moins de câbles partout), j’avais quand même décelé un défaut : la scène arrière manquait de présence en raison d’un déficit de puissance et du manque de coffre d’un duo de One. Compte tenu de leur architecture misant sur plusieurs haut-parleurs, les Era 300 doivent normalement faire oublier ce déséquilibre entre l’avant et l’arrière. Il m’a fallu une séance de Top Gun: Maverick pour être convaincu.

La Sonos Era 300 // Source : Maxime Claudel pour Numerama
La Sonos Era 300 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Une immersion inouïe dans les films

Faut-il un deuxième Sub ?

Sonos permet de connecter deux caissons de baisse à son installation, afin que les graves gagnent encore en subtilité. Au regard du coût (899 €), cela reste négligeable.

Dès l’introduction de Top Gun: Maverick, film dont la bande son est chargée comme aucune autre, on ressent un sentiment de puissance, un souffle vertigineux. On perçoit très vite l’apport des Era 300, qui savent envoyer du son partout pour compléter la demi-bulle créée par une Arc seule. Elles font véritablement office de chaînons manquants, quand les One se contentaient du strict minimum en n’apportant qu’une légère plus-value physique. Le spectacle devient alors total avec les Era 300 : on baigne constamment dans la générosité quand le film s’y prête.

Avec un blockbuster comme Top Gun: Maverick, il faut savoir mettre la subtilité de côté pour apprécier la débauche d’énergie. Il s’agit d’un porte-étendard pour le Dolby Atmos, poussant la moindre installation dans ses retranchements, Le système Sonos répond présent : ça fuse de partout, tout en préservant la clarté des dialogues (jamais écrasés) et une précision dans la retranscription des effets. Vous distinguerez aisément le bruit des ailes qui pénètrent l’air ou encore celui des balles, dont vous devinerez les trajectoires. Seule ombre au tableau ? Peut-être que la Arc manque d’un peu de puissance pour répondre à un duo de Era 300. C’était le constat inverse avec une paire de One.

Configuration Sonos ultime // Source : Capture d'écran
Dans l’application Sonos, on crée une configuration home cinéma en quelques minutes, en suivant simplement les étapes. // Source : Capture d’écran

Dans un long métrage un peu plus calme, comme 1917 de Sam Mendes, on a le sentiment d’être constamment plongé au cœur des tranchées. Ici, la configuration fait parler sa précision et sa justesse. Les explosions saisissantes se mélangent aux gravats qui tombent avec un découpage étonnant (on pourrait presque compter les cailloux). On entend aussi les mouches qui s’improvisent vautours autour des cadavres. Et quand on est dans un décor en feu, on en viendrait à sentir la chaleur des flammes en train de nous cuire de tous les côtés, à 360 degrés (on ne parle pas de la température).

On baigne constamment dans la générosité

Les éloges s’appliquent aussi à The Eternals, film Marvel qui multiplie les séquences où le son englobe tout le salon (les pouvoirs des héros, les séquences avec les déviants). Ici, on apprécie le gros travail d’élévation réalisé par la Arc et les Era 300. Quand le céleste Arishem s’exprime dans la galaxie, sa voix lourde résonne avec fracas, procurant alors des frissons qui partent du dos et parcourent tout le corps — comme au cinéma. Cela prouve que le système est polyvalent, ce que viennent confirmer des séances de gaming, où la profusion d’effets garantit une immersion accrue dans un environnement virtuel (sans l’inconfort d’avoir un casque sur la tête).

Pied pour l'enceinte Sonos Era 300 // Source : Sonos
Pied pour l’enceinte Sonos Era 300 // Source : Sonos

Et la musique dans tout cela ?

Compatibilité avec le DTS:X ?

Les enceintes Sonos ne sont pas compatibles avec le DTS:X, format concurrent du Dolby Atmos. Certes, il est moins répandu (et totalement absent des plateformes de streaming), mais c’est un défaut à relever.

Il serait bien évidemment dommage d’investir autant d’argent (plus de 2 500 euros, on le rappelle) dans une telle configuration pour se contenter de regarder des films et des séries. La musique peut aussi s’apprécier avec plusieurs enceintes connectées. On a donc testé plusieurs pistes en Dolby Atmos et, à chaque fois, on n’en a pas cru nos oreilles. En écoute musicale, une Era 300, seule, proposait déjà un rendu acoustique incroyable, mais que dire de celui offert par un système associant la Arc, un Sub et deux Era 300. C’est simple : les morceaux n’ont plus grand-chose à voir, sans jamais être dénaturés pour autant. Ils sont simplement plus riches.

Avec plus de haut-parleurs pour s’exprimer, tout gagne en ampleur. Les pistes en Dolby Atmos écrasent par la quantité d’informations supplémentaires, sans que rien ne soit jamais écrasé. Tout se détache avec une délicatesse hallucinante. Chaque note a de l’espace pour s’exprimer sans prendre le pas sur les autres. C’est sans doute pour cette raison qu’on entend des détails jamais perçus auparavant. Dans As it Was, la voix d’Harry Styles devient encore plus solennelle. Dans Blinding Lights de The Weeknd, on se croirait en boîte de nuit (l’élévation est sensationnelle sur ce morceau). Dans My Bloody Valentine de Machine Gun Kelly, on perçoit des chœurs. Dans Bad Habits d’Ed Sheeran, les vocalises de l’artiste sont totalement différentes. C’est du pur plaisir acoustique.

Maintenant, quand on oublie les éloges, une question se pose : faut-il dépenser plus de 2 500 € dans cette configuration Sonos ? Pour ce prix, on peut trouver des ensembles tout aussi convaincants, et d’autres moins chers qui contenteront 90 % des gens. Le problème des systèmes onéreux, au-delà de la somme à investir, tient dans la sensibilité de chacun à la qualité dite haut de gamme (on a le droit d’être moins exigeant) et dans ce qu’on lui demande de lire (il faut un maximum de contenus Dolby Atmos à disposition, sans quoi le potentiel sera inexploité). Pour une grande majorité, dépenser plus de 2 500 € dans un home cinéma Sonos apparaîtra comme inutile, sinon déraisonnable. Mais il serait malhonnête de ne pas lui reconnaître ses immenses qualités une fois qu’on y a goûtées. C’est beaucoup d’argent, mais en termes de simplicité d’installation, d’ergonomie et de performance pure, la promesse est tenue.

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