La police de la ville étudie la possibilité de donner l’autorisation à des robots de tuer dans des situations dangereuses. Une idée qui pourrait créer un précédent périlleux.

Des robots avec un permis de tuer ? Vous ne rêvez pas : c’est bientôt ce qui pourrait arriver à San Francisco. Les services de police de la ville de Californie auraient proposé d’autoriser les robots à tuer des humains dans certaines situations. Le rapport dans lequel l’idée est avancée a été dévoilé par le journal californien Mission Local et repéré par The Verge le 25 novembre 2022.

L’ébauche de la proposition explique que la police de San Francisco, qui est déjà autorisée à utiliser des armes de « type militaire », pourrait « utiliser des robots de manière mortelle lorsqu’il existe un risque immédiat pour la vie de civils ou d’officiers de police

Les robots Qinetiq de la police de San Franscico  // Source : Qinetiq
Les robots Qinetiq de la police de San Franscico // Source : Qinetiq

La police américaine utilise déjà des robots

Pour l’instant, la police de San Francisco est équipée de 17 robots pilotés à distance, dont seulement 12 fonctionneraient. Ces robots-là ne sont pas équipés d’arme ni de matériel qui pourrait être létal : ils ne sont utilisés que dans des situations de désarmement de bombe, ou pour déplacer des matériaux toxiques. Mais les robots des forces de police, qui sont fabriqués par Qinetic et Remotec, pourraient facilement être équipés d’armes à feu. Certains des modèles peuvent même être équipés de fusils et de lance-grenades, et sont déjà utilisés par l’armée américaine, explique The Verge.

Pour l’instant, cette idée reste une proposition. Elle est intégrée à un plan plus large sur les nouveaux équipements policiers, qui doit encore être ratifié par le Board of Supervisors de San Francisco, l’équivalent du conseil municipal. Il doit se réunir le 29 novembre pour voter sur le projet.

Le projet de la police de San Francisco a déclenché une polémique, mais ce n’est pourtant pas la première fois qu’un robot est utilisé par les forces de l’ordre pour tuer. En 2016, la police de Dallas, au Texas, a fait appel à un robot déminer pour tuer un sniper, qui avait déjà assassiné plusieurs officiers et des civils. Le cas de Dallas a depuis inspiré : la proposition de la police de San Francisco fait référence à une situation assez similaire à celle qu’ont vécue les forces de l’ordre au Texas.

Le média The Intercept a également révélé en octobre 2022 qu’une autre ville de Californie avait étudié la possibilité d’armer ses robots. Oakland, située juste à côté de San Francisco et également en possession de robot Remotec, voulait installer des fusils sur ces derniers. Après la publication de l’article de The Intercept, les forces de police de la ville avaient finalement décidé de laisser tomber la proposition.