Alors qu’Amazon étend aux États-Unis sa technologie de paiement avec l’empreinte de la paume, le déploiement d’un tel dispositif n’est pas près d’arriver en France.

Le « paiement par main » s’étend aux États-Unis. Désormais, 65 magasins de l’enseigne Whole Foods, propriété du groupe Amazon, sont compatibles avec ce procédé, annonce le groupe ce 10 août. Ces dispositifs avaient déjà été installés à titre expérimental par l’entreprise dans quelques supérettes.

Cette fois, le géant de la tech est convaincu que passer sa main au-dessus d’un terminal est l’avenir du paiement.

Pour transformer une partie de son corps en carte bleue, il faut créer un compte Amazon One sur lequel on enregistre l’empreinte de la paume qu’on lie ensuite aux identifiants bancaires. Il suffit alors de passer la main au-dessus d’un dispositif dans les magasins de l’enseigne. Temps gagné en caisse ? Environ dix secondes.

L’inscription est gratuite. La stratégie du groupe est de fournir ce service librement pour attirer les clients dans ses enseignes en leur assurant que le paiement sera plus rapide.

Amazon précise que les images des mains ne sont pas stockées localement ; elles sont chiffrées et envoyées à un serveur cloud dédié. Ajouté aux robots domestiques et des sonnettes connectées, le groupe propose de nombreux services qui collectent des données personnelles, ce qui soulève des questions croissantes en termes de sécurité de la vie privée.

La main reste une main en Europe

Peut-on imaginer le même usage en France ?

Si l’on parle de la technologie d’Amazon, le groupe n’a pas pour l’instant pas l’intention de déployer ses chaînes phares dans l’Hexagone. Whole Foods ainsi qu’Amazon Go sont pour l’instant cantonnés au continent nord-américain ainsi qu’au Royaume-Uni. Quant à l’inscription à Amazon One, elle est encore restreinte aux États-Unis.

Whole Foods
Whole Foods s’est imposé comme l’enseigne des cadres urbains aux États-Unis. // Source : Strfry Marcus / Unsplash

Comprenez : on ne verra pas les bornes de paiement avec la main prochainement chez nous. Par ailleurs, seul Amazon propose ce service, ce qui restreint encore les possibilités de voir cette technologie débarquer dans d’autres pays. En revanche, d’autres enseignes pourraient s’inspirer du dispositif et le proposer un jour dans leurs propres boutiques. À cela, il faut aussi tenir compte du terrain réglementaire. En France, le RGPD encadre l’utilisation de tout dispositif biométrique : empreinte digitale, reconnaissance faciale, etc. Avant de pouvoir investir dedans, l’entreprise devra s’assurer que les données de citoyens seront bien intouchables.

Le paiement « par pouce » est l’usage déployé par BNP Paribas qui se rapproche le plus de cette technologie. L’option, développée en partenariat avec Thales, sert à faire des paiements sans contact pour dépenser au-delà de 50 euros, sans avoir besoin de taper le code de la carte quelque part. L’empreinte du pouce, elle, est enregistrée dans la carte.

C’est une approche moins dématérialisée qu’Amazon, qui ne demande aucun objet — avec BNP, le client doit insérer sa carte bancaire dans le terminal. En outre, le service imaginé par la banque française est onéreux puisqu’il faut souscrire à un abonnement Premier qui s’élève à 158 euros par an. Gagner du temps est un privilège qui s’achète.