Après plusieurs semaines de crise, Celsius, l’une des plus grosses plateformes de prêt de crypto-monnaies, vient de déclarer faillite. Plusieurs milliards de dollars sont en jeu, mais les fondateurs estiment avoir évité le pire.

La baisse des cours des crypto-monnaies a fait une nouvelle victime : Celsius. La plateforme de prêt s’est déclarée en faillite aux États-Unis le 13 juillet, dans un communiqué de presse. « C’est la bonne décision pour notre communauté et pour notre entreprise », a précisé dans celui-ci Alex Mashinsky, le cofondateur et dirigeant de Celsius. « Nous avons une équipe forte et expérimentée en place pour nous guider à travers ce processus ».

C’est une bombe dans le milieu des cryptos : Celsius est l’une des plateformes de prêts crypto les plus importantes, et elle gère les actifs d’un très grand nombre de particuliers. Mais la déclaration en faillite de Celsius ne sonne pas encore tout à fait le glas pour elle. La loi américaine encadre en effet les faillites de manière très précise, et dans le cas de Celsius, qui a indiqué suivre une procédure connue sous le nom de « chapitre 11 », il s’agit en fait d’une opération de « restructuration ». Ce n’est cependant pas une bonne nouvelle, même si le pire peut avoir été évité.

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Le cours des cryptos est toujours en forte baisse // Source : Maxim Hopman / Unsplash

Qu’est-ce qu’il se passe maintenant pour Celsius ?

Les procédures de faillite sous chapitre 11 sont des démarches juridiques particulières. Ce sont les entreprises qui en font la demande, et la loi les place sous la protection d’un tribunal pendant qu’elles se restructurent et assainissent leurs comptes. Cela leur permet de rester en contrôle, et de continuer en général une partie de leur activité, avec l’accord des juges.

Dans le cas de Celsius, les dirigeants indiquent avoir demandé au tribunal de pouvoir continuer certaines opérations, pour « assurer un fonctionnement normal ». Celsius a ainsi demandé aux juges de pouvoir payer ses employés, ce qui a été approuvé. Celsius n’a cependant pas demandé l’autorisation de permettre à nouveau les retraits, ce qui fait que les fonds des clients sont toujours bloqués.

Dans le communiqué de presse, Celsius soutient d’ailleurs sa décision de geler les opérations de retrait le mois dernier. « Sans cette pause, les retraits auraient augmenté, et auraient permis à certains clients, les plus rapides à agir, de repartir avec tout leur argent », sans forcément laisser grand-chose aux autres. C’est donc pour éviter ce scénario de retraits massifs, comme ce qu’a vécu l’écosystème Terra pendant son effondrement, que Celsius continue de bloquer les fonds.

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La plateforme Celsius a déclaré faillite // Source : Nino Barney pour Numerama

Le document annonçant la déclaration en faillite de Celsius, qui est disponible en ligne et qui a été consulté par The Verge, indique que Celsius gère à l’heure actuelle « entre 1 et 10 milliards de dollars » en actifs, mais que la plateforme est endettée à la même hauteur. Dans son communiqué de presse, Celsius a également précisé qu’elle avait « 167 millions de dollars en liquide » à sa disposition, une somme qui « sera largement suffisante pour soutenir certaines opérations pendant le processus de restructuration ».

Les ennuis de Celsius ne sont pas nouveaux : ils ont commencé il y a tout juste un mois, lorsque la plateforme a annoncé à la surprise générale qu’elle gelait les retraits. Celsius avait à l’époque cité des « conditions extrêmes » pour justifier la fin des opérations, en faisant référence à la forte et prolongée baisse de cours des crypto-monnaies. Or, Celsius est l’une des plus importantes plateformes de prêts en crypto, valorisée à plus de 3 milliards de dollars l’année dernière, et qui gérait à son apogée plus de 24 milliards de dollars d’actifs. La nouvelle du gel des retraits avait donc causé une certaine panique dans le milieu.

Celsius n’est pas le seul géant à connaître des soucis : le fonds d’investissement 3 Arrows Capital a également déclaré faillite au début du mois de juillet — mais dans des conditions beaucoup plus contraignantes. L’entreprise, qui gérait plusieurs milliards de dollars d’actifs, travaillait avec beaucoup de professionnels et de particuliers, qui pourraient perdre des sommes considérables.