Les tirs anti-satellites risquent d’amplifier le problème, déjà énorme, des débris spatiaux. Les États-Unis annoncent qu’ils ne procèderont désormais plus à de tels tests de missiles visant des satellites.

L’orbite de la Terre est polluée : selon des chiffres communiqués par l’Agence spatiale européenne (ESA), le nombre de débris spatiaux est estimé à 30 920, au 4 avril 2022 — ceux qui sont surveillés régulièrement par le réseau de surveillance spatiale des États-Unis (United States Space Surveillance Network). Le nombre d’explosions, de collisions ou de fragmentations d’objets en orbite terrestre est lui estimé à plus de 630. De tels débris sont un problème, notamment pour la Station spatiale internationale (ISS).

Dans ce contexte, les États-Unis viennent de faire part d’une décision importante. Kamala Harris, vice-présidente, a profité d’une prise de parole à la Vandenverg Space Force Base (une base militaire californienne) pour annoncer que le pays cessera désormais de tester des missiles détruisant des satellites, a rapporté Reuters le 19 avril 2022.

Ce genre de test destructeur de satellites risque de répandre des débris en orbite autour de notre planète et d’endommager d’autres engins spatiaux.

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Kamala Harris en février 2021. // Source : Flickr/CC/Lisa Ferdinando (photo recadrée)

« Cet engagement répond à l’une des menaces les plus pressantes pour la sécurité et la durabilité de l’espace, comme l’a démontré un test destructeur de missile ASAT à ascension directe en novembre 2021 », a souligné la Maison blanche, dans un communiqué cité par Reuters.

Un tir d’arme anti-satellite russe controversé fin 2021

En novembre dernier, les États-Unis avaient critiqué un tir d’arme anti-satellite russe : la Russie avait détruit l’un de ses propres satellites avec un missile. L’explosion avait provoqué un nuage de débris dans l’espace. En plus de mettre en danger les astronautes présents à bord de l’ISS (qui avaient dû se retrancher dans les vaisseaux pour évacuer d’urgence si besoin, ce qui ne s’est heureusement pas produit), ces débris spatiaux créés par le missile russe présentent une menace au long terme. D’après l’United States Space Force, le tir russe de novembre aurait contribué à la formation d’au moins 1 632 débris spatiaux.

Évidemment, l’annonce survient dans un autre contexte qui n’est pas anodin, celui de la guerre déclarée par la Russie contre l’Ukraine, et donc d’une coopération renforcée entre les États-Unis et l’Ukraine. Il n’est pas exclu que des satellites servant au renseignement soient ciblés par la Russie, qui pourrait tenter de les abattre dans le cadre de ce conflit.

Il faut rappeler que les USA font partie des quelques pays qui ont contribué à créer des débris spatiaux en réalisant des tests d’armes anti-satellites, avec la Russie, la Chine et l’Inde. Le dernier tir de ce type envoyé par les États-Unis date de 2008 : le pays avait visé un de ses satellites-espions au-dessus du Pacifique.