Tandis qu'une comète est en orbite autour du Soleil, sa queue n'est pas forcément derrière elle, par rapport à son mouvement. Le phénomène s'explique aisément.

Les comètes sont pleines de surprises, si bien qu’il est souvent très délicat de prédire avec certitude si certaines pourront devenir visibles à l’œil nu. Le spectacle de leur apparent « plongeon » vers la Terre est aussi rare qu’incertain. Quand on a la chance de le voir, la queue de poussière de la comète apparaît toujours dirigée vers le haut : cela vient du fait que la queue des comètes est orientée dans le sens opposé au Soleil.

D’ailleurs, si on prend un peu plus de hauteur et qu’on se représente l’orbite d’une comète autour du Soleil, on se rend compte que la queue de l’objet n’est pas forcément toujours derrière elle. Elle peut aussi se trouver devant elle. « Le phénomène s’explique facilement, indique à Numerama Dominique Bockelée-Morvan, astrophysicienne spécialiste des comètes et directrice de recherche au CNRS. Sur une partie de l’orbite, la comète s’éloigne du Soleil, donc le vecteur vitesse est grosso modo opposé au Soleil. C’est l’inverse quand elle se rapproche du Soleil. Par contre les queues sont toujours dans la direction opposée au Soleil. Donc dans le premier cas, la queue est devant la comète, et derrière dans le deuxième cas. »

Animation de l’orbite d’une comète autour du Soleil. On voit que la queue de la comète n’est pas toujours derrière elle. // Source : Nino Barbey pour Numerama

Surtout une anecdote géométrique

Comme le fait remarquer la spécialiste, « dire que la queue est devant ou derrière la comète est un peu anecdotique », car « cela décrit des conditions géométriques ». Pour un astronome observant une comète, ce qui prime avant tout, c’est la manière dont il voit le plan du ciel à travers son instrument. Sur l’animation ci-dessus, on peut voir l’orbite d’une comète « à plat », mais les orbites des comètes peuvent être inclinées par rapport au plan de l’orbite de la Terre. Même si, sur le plan géométrique, il est vrai que c’est un fait qui « décrit comment est la queue de la comète par rapport à son mouvement », poursuit Dominique Bockelée-Morvan.

D’ailleurs, la situation est souvent un peu plus subtile que cela. Les comètes n’ont pas une seule queue principale, mais deux. Il y a « une queue de plasma bleue, directement opposée au Soleil, et la queue de poussière qui est incurvée et n’est pas tout à fait opposée au Soleil, détaille la scientifique. Les toutes petites poussières sont soumises à la pression de radiation, c’est-à-dire que les photons lumineux du Soleil tapent sur ces poussières. Elles vont effectivement aller dans la direction opposée au Soleil. Les grosses poussières, par contre, sont aussi soumises à une force d’attraction liée à la gravité du Soleil. C’est pour ça que la queue est incurvée. »

Comme les plus grosses poussières ne sont pas exactement dans la direction opposée au Soleil, il peut se produire des effets de projection, indique Dominique Bockelée-Morvan : « Ces poussières apparaissent dans une direction opposée à la queue principale. C’est ce qu’on appelle des anti-queues. »

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