Après plus d’un mois de panne qui a rendu les activités scientifiques impossibles, Hubble a immortalisé à nouveau des galaxies. Le télescope spatial s'est tourné vers des structures « inhabituelles ».

« Hubble est de retour ! 🎉 », a tweeté la Nasa via le compte Twitter officiel du télescope le 19 juillet 2021. Pour accompagner cette nouvelle réjouissante, l’agence spatiale a présenté les nouvelles images acquises par l’observatoire, sur lesquelles on aperçoit des galaxies.

Le télescope spatial a été remis en service le 16 juillet, soit un peu plus d’un mois après le début d’une panne survenue le 13 juin dernier. La nature du problème rencontré par Hubble était assez inédite, en 31 ans dans l’espace : cette fois-ci, le souci concernait l’ordinateur de bord du télescope. Ce « payload computer » est chargé de contrôler les instruments scientifiques du télescope — qui sont eux restés en bon état, mais la panne empêchait de toute façon leur activité. L’origine plus précise du souci semble avoir été repérée, au niveau de l’unité qui contrôle l’alimentation des pièces de l’ordinateur de bord. Néanmoins, les tentatives pour redémarrer et reconfigurer l’ordinateur de bord n’ont pas fonctionné.

Hubble fonctionne sur l’ordinateur de bord de secours

Le 15 juillet, la Nasa a donc entrepris le basculement sur l’ordinateur de bord de secours de Hubble, une solution de repli qui avait été prévue sur le télescope — on parle de redondance pour désigner le fait que des engins spatiaux embarquent en double, voire en triple, certains composants. Les activités scientifiques de Hubble ont pu reprendre le 17 juillet.

Parmi les cibles observées par Hubble après sa remise en fonctionnement figurent des galaxies que la Nasa qualifie d’ « inhabituelles ». Ces structures sont étudiées dans le cadre d’un programme mené à l’université de Washington, qui se penche sur des galaxies étranges dispersées dans le ciel.

Les galaxies observées par Hubble. // Source : NASA, ESA, STScI, Julianne Dalcanton (UW), Alyssa Pagan (STScI)

Que voit-on sur ces deux images ?

  • Sur l’image de gauche, on peut voir « ARP-MADORE2115-273 ». Il s’agit d’ « un exemple rare d’une paire de galaxies en interaction dans l’hémisphère sud », détaille le site officiel du télescope Hubble. Ce système est situé à une distance de 297 millions d’années-lumière. Les échanges complexes entre ces galaxies laissent un « riche réseau d’étoiles et de gaz poussiéreux » dans leur sillage.
  • Sur l’image de droite, on peut admirer « ARP-MADORE0002-503 ». C’est une grande galaxie spirale, située à une distance 490 millions d’années-lumière de nous. Ses bras spiraux sont étonnement long, s’étendant dans un rayon de 163 000 années-lumière, « ce qui la rend trois fois plus vaste que notre galaxie la Voie lactée ». Elle possède trois bras spiraux, alors que les galaxies à disque en ont généralement un nombre pair.

Ces images sont en noir et blanc, car c’est ainsi que le télescope Hubble « voit » le ciel qui l’entoure. Mais, comme l’explique le compte Twitter @HubbleTelescope, animé par le Space Telescope Science Institute (le STScI, qui dirige la recherche menée avec Hubble), le télescope « est capable de capturer des informations de couleur en collectant la lumière à travers divers filtres qui correspondent à certaines longueurs d’onde du spectre ».

La manière dont sont créées les images en couleurs avec Hubble est comparable au « fonctionnement des appareils photo numériques, où l’intensité de la lumière est mesurée à l’aide de filtres bleu, vert et rouge qui sont ensuite combinés pour former une image en couleur », complète le STScI. C’est ainsi que le télescope spatial peut obtenir d’aussi somptueux clichés de notre Univers.

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