Rocket Lab change d'échelle : l'entreprise américaine a dévoilé une nouvelle fusée, la Neutron. Prévue pour voler à partir de 2024, elle s'inspire de SpaceX : son premier étage sera réutilisable.

C’est un important bond en avant que s’apprête à faire la startup américaine Rocket Lab spécialisée dans les vols spatiaux. Jusqu’à présent, elle était connue pour opérer une fusée de petite capacité, capable de transporter jusqu’à 300 kg de charge utile en orbite. Mais le 1er mars 2021, Rocket Lab a annoncé son désir de changer de ligue et de jouer dans la cour des grands, avec un tout nouveau lanceur.

Une fusée Neutron pour changer d’échelle

Son nom ? La Neutron. Elle ne sera pas opérationnelle tout de suite : la société table sur un premier vol en 2024. Un calendrier qui peut sembler lointain, mais Rocket Lab explique au contraire que c’est une échéance courte, permise notamment par l’exploitation d’une aire de lancement déjà existante, la Mid-Atlantic Regional Spaceport, en Virginie, sur la côte est des États-Unis.

Sur le papier, les caractéristiques de la Neutron sont presque sans commune mesure avec sa fusée actuelle, l’Electron. Là où cette dernière pouvait transporter jusqu’à 300 kg, la nouvelle peut délivrer 8 tonnes en orbite terrestre basse. Sa taille augmente aussi, avec une Neutron culminant à 40 mètres, contre 17 pour l’Electron. Son diamètre aussi grossit, à 4,5 mètres contre 1,2 mètre.

Rocket Lab Electron
Jusqu’à présent, Rocket Lab n’a qu’un lanceur au catalogue : l’Electron. // Source : Andrew Burns & Simon Moffatt

Ces nouvelles dimensions doivent permettre à Rocket Lab de venir attaquer le marché des petits satellites, mais aussi ceux dont le gabarit excède la capacité de l’Electron. En clair, la startup va pouvoir entrer plus directement en concurrence avec SpaceX et sa Falcon 9 ou Arianespace et sa Vega. Il reste toutefois à démontrer la fiabilité de la Neutron, qui n’a pas encore pris son envol.

Rocket Lab ne part pas d’une feuille blanche pour la Neutron. L’entreprise explique qu’il va se baser sur l’architecture de l’Electron pour passer au niveau supérieur. Et celle-ci a déjà apporté la preuve de son fonctionnement : sur dix-huit lancements, elle en a réussi seize et connu deux échecs, dont le premier est survenu au tout début de sa carrière, lors d’un vol d’essai sans aucun satellite à bord.

Mais surtout, la plus grande évolution de la Neutron sera dans son premier étage de fusée. En effet, il est prévu de le rendre réutilisable, exactement comme SpaceX, afin de pouvoir réduire les coûts et enchaîner les vols. Le caractère réutilisable des fusées est aujourd’hui en train de devenir la nouvelle norme du marché : en Europe aussi, des travaux sont lancés, à l’image de Callisto et Themis.

Pour la récupération, la société mise sur un atterrissage sur une plateforme océanique. Par le passé, Rocket Lab a expérimenté le retour du premier étage de l’Electron, au moyen d’un parachute et avec une arrivée dans l’océan. Pour atteindre une barge, il faudra sans doute changer d’approche et miser sur la propulsion pour ajuster la trajectoire du lanceur. Un train d’atterrissage devra aussi être développé.

Si Rocket Lab entend attaquer surtout le marché des satellites avec la Neutron, la société imagine aussi des usages très ambitieux, comme le ravitaillement de la Station spatiale internationale, le transport d’astronautes, ou l’acheminement d’une charge utile vers le sol lunaire ou la future station en orbite autour de la Lune. La société dit pouvoir transporter 2 tonnes vers la Lune… et même 1,5 tonne vers Vénus ou Mars.

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