La bonne série a pris fin pour l'entreprise Rocket Lab. Le treizième tir d'une fusée Electron programmé le 4 juillet s'est soldé par un échec. Les sept satellites qui se trouvaient à bord sont perdus.

C’est un raté qui va donner du grain à moudre aux superstitieux. Après onze tirs réussis à la suite, l’entreprise Rocket Lab a connu un échec pour sa treizième mission. Son deuxième, en comptant son tout premier tir d’essai. Après quatre minutes de vol, la fusée Electron a rencontré une anomalie l’empêchant d’atteindre la vitesse et l’altitude adéquates pour larguer sa charge utile.

« Un problème survenu [le 4 juillet] lors du lancement de Rocket Lab a causé la perte du lanceur. Nous sommes profondément désolés pour les clients à bord de l’Electron. Le problème s’est produit tard dans le vol, lors de la combustion du 2e étage.  », a réagi sur Twitter Rocket Lab. L’entreprise mène désormais l’enquête pour déterminer les raisons de cette défaillance et pour y apporter une correction.

La vidéo de la mission :

Sept satellites perdus

La fusée embarquait sept satellites pour le compte de trois clients : il y avait le satellite expérimental d’imagerie terrestre CE-SAT-1B pour le Japonais Canon Electronics, la plateforme Faraday-1 du Britannique In-Space Missions (avec à bord des charges utiles pour plusieurs clients, dont Airbus Defence and Space et cinq autres partenaires) et cinq exemplaires de la constellation SuperDove, au profit de l’Américain Planet Labs.

Electron Rocket Lab fusée
La fusée Electron de Rocket Lab sur son pas de tir. // Source : Rocket Lab

Rocket Lab s’est fait une spécialité de cibler le marché des micro et des nanosatellites, secteur en plein boom et que cherchent aussi à conquérir des entreprises déjà bien installées comme SpaceX et Arianespace, qui travaillaient jusqu’à présent pour des clients institutionnels ou de grande taille. Outre des clients privés, Rocket Lab a également déjà réalisé des mises en orbite au profit de l’armée américaine.

Pour ses missions, Rocket Lab exploite un site aménagé dans la péninsule de Mahia, au nord-est de l’île du Nord, la deuxième plus grande île qui compose la Nouvelle-Zélande. Le centre de contrôle de mission, lui, est installé à Auckland, la capitale à plusieurs centaines de kilomètres de l’aire de lancement.

Les clients de Rocket Lab ont naturellement accusé le coup. « Beaucoup de membres de notre équipe ont participé à des missions spatiales antérieures, nous sommes donc pleinement conscients de la nature fragile des lancements. Cependant, ces connaissances et cette expérience ne facilitent pas l’acceptation de cette mission ratée. Nous sommes également extrêmement déçus », a commenté In-Space Missions.

Moins sévère, Planet Labs a rappelé que cela fait partie du métier. «  Bien que ce ne soit jamais le résultat que nous espérons, nous sommes  préparés au risque d’échec d’un lancement. […] Nous sommes convaincus que Rocket Lab sera en mesure de rebondir très rapidement après cet échec, et nous sommes impatients de voler à nouveau sur la fusée Electron ».

Ce rebond très rapide, Rocket Lab sera en mesure de le faire : dans son communiqué de presse, l’entreprise rappelle a actuellement huit lanceurs Electron en cours de fabrication, grâce à l’utilisation de l’impression 3D. L’entreprise se dit prête « à reprendre rapidement le vol dès que les investigations seront terminées et que les mesures correctives nécessaires seront en place ».

Crédit photo de la une : Rocket Lab

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