Pour la première fois, un mécanisme de fluorescence par absorption de la lumière lunaire a été observé chez des vertébrés terrestres, les geckos.

Un mécanisme jamais observé jusqu’ici chez des vertébrés terrestres permet à des geckos de devenir fluorescents la nuit. La découverte a été publiée le 11 janvier 2021 dans Scientific Reports, accompagnée d’une vidéo où vous pouvez voir ces geckos en action.

La même équipe avait été à l’origine d’une découverte tout aussi surprenante en 2018 : l’ossature des caméléons peut devenir fluorescente à travers leur peau, ce qui semble être tout sauf anodin pour leurs communications sociales ou encore leur faculté à changer de couleurs. Cette trouvaille avait poussé ces scientifiques à poursuivre des recherches sur les fluorescences possibles chez les animaux vertébrés.

« La biofluorescence est très répandue dans le monde naturel, mais elle n’a été découverte que récemment chez les vertébrés terrestres », rappelle les auteurs en introduction de leur nouvelle étude, dédiée cette fois aux geckos — un ordre de reptiles. Il s’agit en l’occurrence d’une espèce particulière, endémique du désert du Namib (Afrique australe). Leur brillance est bien supérieure à celle repérée il y a deux ans chez les caméléons.

La lumière de la Lune

La biofluorescence, c’est-à-dire la faculté de briller dans le noir, peut provenir de différents mécanismes distincts. Chez certains amphibiens, par exemple, la brillance est issue de la circulation de composés chimiques dans le système lymphatique. Pour ces geckos du Namib, cela provient de l’absorption de la lumière de la Lune, et cela ne se déclenche donc que la nuit dans leur milieu naturel.

Le processus intervient plus spécifiquement au niveau des marques jaunes de l’animal, sur ses flancs gauche et droit ainsi qu’autour de ses yeux. Lorsque ces marques deviennent fluorescentes, elles s’irradient d’une couleur verte de type néon.

Images prises durant l’étude, en laboratoire. // Source : David Prötzel / Youtube

La raison de la fluorescence : les cellules iridophores situées sous la peau translucide du gecko. Les iridophores appartiennent au groupe des chromatophores — cellules pigmentaires qui produisent une certaine couleur en réfléchissant la lumière. La lumière de la Lune est absorbée par ces cellules (c’est la lumière dite d’excitation), puis retransmises sous une longueur d’onde davantage étirée (lumière d’émission).

La biofluorescence qui advient chez ces geckos leur permet de communiquer entre eux la nuit, mais, voilà qui est fascinant, l’emplacement des marques concernées fait que la brillance est très difficilement visible par des prédateurs se tenant en un point de vue surélevé. C’est donc utile, sans être néfaste, par le positionnement spécifique des marques fluorescentes.

Dans leur étude, les biologistes expliquent que ces geckos sont particulièrement sociaux et qu’après une période de séparation, ils font en sorte de se retrouver, alors «  il y a de nombreuses raisons pour lesquelles le fait de pouvoir se voir sur de longues distances est utile pour ces geckos », expliquent-ils.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo