Des retards vont avoir lieu dans les livraisons du vaccin de Pfizer dans les trois à quatre semaines prochaines. Une situation qui bouleverse le calendrier vaccinal et que plusieurs pays d'Europe décrivent comme inacceptable. Pfizer explique que des travaux sont la cause de ces retards.

À mesure que la campagne vaccinale contre le coronavirus SARS-CoV-2 accélère en cette mi-janvier 2021, la société Pfizer, qui produit le vaccin majoritaire aujourd’hui contre la maladie Covid-19, a annoncé que sa production de doses allait prochainement prendre du retard en Europe. D’où provient ce délai inattendu et quel sera son impact ?

D’après le ministère de la Santé allemand, relayant les annonces de Pfizer, le retard pourrait réduire significativement les livraisons pendant les trois à quatre semaines à venir. Pendant cette période, l’entreprise ne sera pas en mesure de fournir les pays européens dans le nombre hebdomadaire de doses envers lequel elle s’était engagée. La Belgique a, de son côté, précisé que le nombre de doses qu’elle recevra pour la semaine du 18 janvier sera plus basse de moitié, ce qui donne un ordre d’idée du retard possible.

Des changements sur le site de production en Belgique

Ce retard inattendu provient de travaux enclenchés sur le site de production de Puurs, en Belgique. C’est sur ce site que sont censées être fabriquées la plus grande part des centaines de millions de doses commandées par l’UE — 600 millions à l’échelle de l’année 2021. D’autres usines de production des doses sont censées ouvrir prochainement en Allemagne, en février, et en France, un peu plus tard, pour accroître les capacités. D’ici là, Puurs reste le principal site.

La survenance de travaux dans une période aussi tendue peut surprendre. En plus des travaux eux-mêmes, ces derniers exigent, par ailleurs, de « nouveaux tests de qualité et l’approbation des autorités ».  Pfizer explique qu’il s’agit d’adaptations dans le but d’améliorer in fine la cadence de production — les commandes ont augmenté par rapport à celles initialement prévues, 2 milliards à l’échelle internationale.

Le vaccin d’AstraZeneca est assez différent de celui de Pfizer et Moderna. Il pourrait un peu plus tard, à la mi-2021. // Source : Pexels

«  Bien que cela ait un impact temporaire sur les expéditions de fin janvier à début février, cela entraînera une augmentation significative des doses disponibles pour les patients à la fin février et en mars », a justifié Pfizer. D’après l’entreprise, les travaux engrangeant les retards permettront en effet des «  des volumes accrus de production ». Pfizer a donc réitéré son engagement sur le nombre total de doses qu’elle se dit en mesure de livrer pour le premier trimestre 2021.

Cela n’en inquiète pas moins les pays européens. Le vaccin de Pfizer étant le seul autorisé aujourd’hui aux côtés de celui de Moderna, l’impact est grand sur le calendrier des campagnes vaccinales. La situation est décrite comme « inacceptable » par six pays européens (Danemark, Estonie, Finlande, Lituanie, Lettonie et Suède). De son côté, la France assure avoir suffisamment de stock pour vacciner 2,5 millions de personnes d’ici fin février 2021, comme il était prévu, en combinant les vaccins de Pfizer et Moderna.

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