Des composés organiques seraient présents dans une météorite tombée sur Terre en janvier 2018. Ces éléments pourraient éventuellement être utiles pour tenter d'élucider le mystère des origines de la vie sur notre planète.

Elle est arrivée sur Terre le 16 janvier 2018 : dans la nuit, une météorite est tombée dans le Michigan aux États-Unis. Observé 600 fois depuis 10 États américains différents, le bolide n’est pas passé inaperçu. Presque trois ans plus tard, une équipe de scientifiques qui s’est penchée sur la composition de la météorite a rendu ses conclusions. Elle contiendrait des composés organiques qui pourraient être utiles pour espérer mieux cerner les origines de la vie sur Terre, a repéré Space.com.

Dans une étude publiée le 27 octobre au sein de la revue Meteoritics & Planetary Science, les chercheurs rapportent avoir travaillé sur ce matériau. Dans les jours qui ont suivi la chute de l’objet, plusieurs morceaux de la météorite tombée dans le Michigan ont été retrouvés. « Comme ces premiers spécimens de la météorite ont été récupérés rapidement sur une surface glacée, le délai pour une altération terrestre était court ; la météorite peut potentiellement être conservée des conditions intactes », soulignent les auteurs de l’étude.

C’est pourquoi un consortium international de scientifiques a été créé pour tenter de « caractériser en profondeur la météorite alors qu’elle était encore fraîche ». Les analyses présentées ici ont été réalisées peu après la chute et la découverte de cette météorite, dont la masse totale tombée au sol est estimée à 2 kilogrammes.

Trajectoire du bolide reconstituée (du point vert vers le point rouge). // Source : Meteoritics & Planetary Science (image recadrée)

Diverses analyses ont été conduites

L’une des premières analysées menées a porté sur l’identification des propriétés magnétiques de la météorite, afin de voir, expliquent les auteurs, « si ce spécimen pouvait être utilisé pour permettre de mieux saisir le champ magnétique dans la nébuleuse solaire au moment de sa formation ». Il a ensuite fallu réaliser une pétrologie (science qui étudie la formation et l’évolution des roches) ainsi qu’une minéralogie. Les scientifiques ont classé la météorite parmi le groupe des chondrites de type H — le type de météorite le plus fréquent.

Les analyses ont aussi visé à déterminer la chimie organique de la météorite. « Nous pouvons confirmer des dizaines de milliers de molécules organiques complexes structurellement différentes », écrivent les chercheurs, qui ajoutent que les chondrites de type H « contiennent aussi une grande abondance de composés organiques ». Les scientifiques ajoutent que le corps parent de la météorite, qui se serait formé il y a 4,5 milliards d’années selon les précisions de Space.com, a dû connaître diverses transformations chimiques. Mais sa composition aurait pu rester la même pendant les 3 derniers milliards d’années.

Plus de 2 000 composés organiques

Au total, ce sont 2 600 composés que la météorite tombée dans le Michigan contiendrait, affirment les scientifiques. Ces composés pourraient peut-être servir à mieux comprendre le système solaire tel qu’il était dans sa jeunesse. Et si la météorite était pratiquement inchangée, comme le soupçonnent les auteurs, cela pourrait laisser supposer que les composés qu’elle contient pourraient ressembler à ceux que d’autres météorites auraient pu apporter sur la Terre par le passé.

L’origine de la vie sur Terre n’est pas tranchée. Mais des analyses comme celle-ci pourraient appuyer l’hypothèse selon laquelle les météorites auraient pu jouer un rôle en apportant des composés organiques sur la Terre.

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