Trois autres lacs seraient cachés sous le pôle Sud de Mars, estiment avoir découvert des scientifiques. Ils s'appuient sur des données de la sonde Mars Express. Il y a deux ans, la présence d'un lac dans cette zone avait déjà été avancée.

Un groupe de lacs dissimulés sous la surface du pôle Sud de Mars aurait été découvert, a rapporté une équipe de scientifiques dans la revue Nature Astronomy le 28 septembre 2020. Il y a deux ans, la découverte d’un lac caché sous un glacier au pôle Sud de la planète rouge avait été accueillie avec à la fois enthousiasme et scepticisme. Avec cette nouvelle étude, les chercheurs estiment être en mesure de confirmer la présence de ce lac et annoncent en en avoir découvert trois autres.

La découverte de 2018 s’était appuyée sur les données de l’instrument radar MARSIS, de la sonde Mars Express, lancée en 2003 par l’Agence spatiale européenne. Les nouveaux travaux sont aussi fondés sur les observations de MARSIS. Il y a deux ans, les scientifiques avaient émis leur conclusion sur la base de 29 observations, menées entre 2012 et 2015. Cette fois, les chercheurs ont exploité davantage de données : 134 observations menées entre 2012 et 2019.

Un scénario plus complexe

« Ces résultats corroborent la découverte initiale […] d’une masse stable d’eau liquide à Ultimi Scopuli [ndlr : une région proche du pôle Sud de Mars] en utilisant une technique différente et indépendante, mettant en même temps en évidence un scénario plus étendu et complexe avec des zones d’eau omniprésentes entourant le lac sous-glaciaire », peut-on lire dans le document.

Calotte glaciaire au pôle Sud de Mars. // Source : Flickr/ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO (photo recadrée)

Les scientifiques estiment que la masse d’eau principale s’étend sur 30 kilomètres de diamètre. Elle « contient probablement le plus grand volume d’eau » et des bandes de matière sèche la séparent des autres bassins d’eau, plus petits et discrets. Les lacs sont répartis sur une zone de 75 000 kilomètres carrés.

Quelles conditions géologiques ou climatiques ont bien pu être à l’origine de la formation d’eau liquide à cet endroit ? Les auteurs restent prudents en notant que, pour l’instant, on ne peut que spéculer sur cette question. Il reste néanmoins possible de tenter d’interpréter les observations, sur la base de données déjà connues, afin de proposer des scénarios sur la formation et la survie de cette eau dans un lac sous le pôle Sud martien. L’hypothèse des auteurs repose sur la présence d’ « une forte concentration de sels dissous », une version jugée cohérente avec l’analyse des données fournies par MARSIS.

« Cibler cette région pour acquérir des données expérimentales »

Évidemment, cette découverte est jugée prometteuse dans le contexte d’une recherche de traces d’une vie possible sur Mars. « La possibilité de plans d’eau hypersaline sur Mars est particulièrement intéressante à cause du potentiel d’existence d’une vie microbienne », écrivent les scientifiques, évoquant le cas d’organismes extrêmophiles (capables de survivre dans des environnements aux conditions mortelles pour la plupart des organismes). Il faut néanmoins garder à l’esprit que tous les scientifiques ne sont pas encore convaincus que la région possède bien ces lacs d’eau liquide.

Pour les auteurs, « les futures missions vers Mars devraient cibler cette région pour acquérir des données expérimentales », ce qui permettrait de mieux cerner la chimie de la zone, confirmer la présence des lacs, et de rechercher, à supposer qu’elles existent, ses éventuelles traces d’une activité biologique.

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