Des conditions météorologiques dégradées en altitude ont contraint à nouveau Arianespace à renoncer au lancement de la mission VV16. Il doit s'agir du premier vol partagé opéré par l'Europe.

Arianespace a encore dû reporter le décollage de la mission VV16, qui devait survenir au cours du week-end du 27 et 28 juin, en Guyane. Les deux fenêtres de tir qui étaient ouvertes n’ont pas pu être exploitées, à cause de vents en altitude trop dangereux pour le bon déroulement du vol. Une nouvelle date sera annoncée par l’entreprise ultérieurement.

Il s’agit du quatrième report que subit la mission VV16, puisqu’aucun des deux créneaux du week-end (dans la nuit du 27 au 28 et dans celle du 28 au 29 juin) n’a pu être exploité. Quant aux deux autres, survenus fin mars et le 22 juin, ils ont été causés par l’épidémie de coronavirus, qui a contraint le centre spatial guyanais à suspendre ses opérations, et par le mauvais temps — déjà.

Une première qui se fait attendre

Ces reports successifs suscitent une relative frustration, car la mission VV16 doit être l’occasion pour l’Europe spatiale de démontrer sa capacité à réaliser son premier vol partagé (« rideshare »). Il s’agit d’une sorte de covoiturage spatial dans lequel des clients de petite envergure se rassemblent pour pouvoir se payer un vol. Pour ce vol, ils sont 21 issus de 13 pays et apportent 53 satellites.

Une frustration d’autant plus grande que SpaceX a de son côté réussi au même moment à effectuer son premier vol partagé mi-juin. Un tir similaire devait survenir également il y a quelques jours, mais il a été repoussé en raison de la nécessité d’effectuer des vérifications techniques supplémentaires. Pour ces covoiturages, SpaceX a réservé quelques places à des clients, le reste étant occupé par ses satellites Starlink.

La mise en place des vols partagés répond à une évolution du marché satellitaire : outre les clients institutionnels et les grandes entreprises, il y a un nouveau segment qui s’ouvre, mais dont les membres n’ont pas les moyens financiers de s’offrir un vol ou qui jugent que le coût d’un tir est trop cher par rapport à la valeur du satellite — ou du service associé. Mais comme il s’agit de petits satellites, il est possible de les regrouper et de les faire décoller ensemble.

Vega
Une fusée Vega sur son pas de tir. // Source : ESA–M. Pedoussaut

Arianespace comme SpaceX entendent se positionner sur un secteur en plein boom. «  Selon les projections du marché, 200 à 300 nanosatellites devraient être lancés chaque année au cours de la prochaine décennie, sachant que la plupart (plus de 80 %) fera partie de projets de constellations », observe l’entreprise française, qui a créé à cette fin un service de lancement des petits satellites (SSMS — Small Spacecraft Mission Service).

La mission VV16 constitue dès lors aussi une démonstration technologique, puisque le SSMS n’a pas encore été mis en œuvre en conditions réelles. Jusqu’à présent, les missions européennes se limitaient à larguer quelques satellites de grande taille. Avec le SSMS, on change de dimension, avec des dizaines d’engins dans la coiffe dont le poids et les dimensions varient considérablement.

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