La mission VV16 organisée par Arianespace n'a décidément pas de chance : entre la pandémie de coronavirus et les conditions météorologiques défavorables, elle n'a toujours pas pu prendre son envol. Elle est pourtant très attendue, car il s'agit du premier lancement partagé de l'entreprise.

Faux départ pour la mission VV16. Attendue dans la nuit du 20 au 21 juin, elle a dû être reportée sine die par Arianespace à cause de conditions météorologiques bien trop défavorables au-dessus de la Guyane. Des vents violents avaient été repérés en altitude, menaçant la bonne ascension de la fusée Vega. Aucune nouvelle date n’a pour l’instant été fixée.

La mission VV16 joue de malchance : initialement, elle devait quitter la Terre à la fin du mois de mars. Mais ça, c’était avant la pandémie  de coronavirus. Quelques semaines avant le tir, décision est prise de suspendre les activités spatiales européennes, du moins celles qui ont lieu au centre spatial guyanais. Ce n’est que fin avril que la perspective d’un retour à la normale s’est dessinée, pour la mi-juin.

Une première date post-covid a été donc été retenue, dans la nuit du 18 au 19 juin. Mais là encore, un report de date a été décidé, à cause de conditions météo dégradées — des bourrasques dans la haute atmosphère –, qui ont donc perduré jusqu’à la fenêtre de repli envisagée par Arianespace dans la nuit du 20 au 21 juin.

Cubsat
Un exemple de CubeSat. // Source : ESA–G. Porter

Une première européenne

La mission VV16 s’avère être à la fois une grande première pour Arianespace et aussi une démonstration technologique. Dans le cadre du service de lancement des petits satellites (SSMS — Small Spacecraft Mission Service), Arianespace entend prouver sa capacité à livrer en orbite un essaim de satellites de petite taille, qui ont été construits par toute une ribambelle d’entreprises. C’est à cette fin qu’a été mise en place la mission VV16, qui est le premier vol partagé (« rideshare ») d’Arianespace.

Ce covoiturage spatial un peu particulier rassemble pour l’occasion 53 satellites fournis par 21 clients de 13 pays. Dans le détail, on compte 7 microsatellites et 46 nanosatellites. Les uns comme les autres ont la particularité d’avoir des dimensions très réduites, ce qui permet de les entasser dans la coiffe du lanceur, et un poids assez limité, d’un kilo jusqu’à la demi-tonne.

Des centaines de nanosatellites lancés tous les ans

La mise en place des vols partagés répond à une évolution du marché satellitaire : outre les clients institutionnels et les grandes entreprises, il y a maintenant un nouveau segment qui s’ouvre, mais dont les membres n’ont pas les moyens financiers de s’offrir seuls un vol ou qui jugent que le coût d’un tir est trop cher par rapport à la valeur du satellite — ou du service associé. Mais comme il s’agit de petits satellites, il est possible de les regrouper et de les faire décoller ensemble.

« Le marché des constellations et des petits satellites reste dynamique et cette tendance devrait se poursuivre : selon les projections du marché, 200 à 300 nanosatellites devraient être lancés chaque année au cours de la prochaine décennie, sachant que la plupart (plus de 80 %) fera partie de projets de constellations », décrit ainsi Arianespace. Une analyse que partage d’ailleurs SpaceX, puisque le groupe se lance aussi sur ce créneau.

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