Les éclipses de Lune et de Soleil sont des événements astronomiques marquants. Au cours d'une même année, il n'est pas possible d'avoir plus de 7 éclipses. Comment l'expliquer ?

La récente éclipse de Lune par la pénombre, survenue le 5 juin 2020, était l’occasion de le rappeler : dans sa newsletter en partie consacrée au phénomène, l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE) précisait que le nombre maximum d’éclipses possibles au cours d’une année grégorienne est de 7. Cela a eu lieu en 1982 et ne se reproduira pas avant 2038.

Pourquoi ne peut-on pas avoir plus de 7 éclipses dans notre calendrier, entre le premier et le dernier jour d’une même année ? Une année civile, qui comporte 365 ou 366 jours, peut connaître au maximum 2 éclipses de Soleil, 2 éclipses de Lune et 3 autres éclipses (pour lesquelles toutes les combinaisons sont envisageables). Pour le comprendre, il faut rappeler ce qui se passe dans le ciel au cours d’une éclipse.

« Les éclipses se produisent quand il y a un alignement entre les 3 astres : Terre, Soleil, Lune, explique à Numerama Johan Richard, astronome à l’observatoire de Lyon. Comme l’orbite de la Lune et celle de la Terre ne sont pas dans des orbites coplanaires (elles sont inclinées), les éclipses ne sont possibles que lorsque le Soleil croise le plan de l’orbite de la Lune, donc 2 positions spécifiques par an appelées nœuds. » C’est pour cela qu’il y a un nombre possible d’éclipses de Lune et de Soleil, de façon cyclique.

Toutes les combinaisons possibles. // Source : IMCCE/Patrick Rocher

En fonction de l’alignement des astres au moment de ces différents croisements, l’éclipse peut être partielle (seule une partie de la Lune ou du Soleil est éclipsée), totale (la Lune ou le Soleil est entièrement éclipsé) ou annulaire (la taille apparente de la Lune est moins grande que celle du Soleil, celui-ci apparait comme un anneau brillant entourant la Lune).

Une configuration rare, mais possible

« Selon les années, il y aura parfois 2, voire (rarement) 3 éclipses successives sur une orbite lunaire pour chacun des passages au nœud. Si l’un des passages au nœud se produit en tout début d’année, puis un autre en toute fin d’année, on aura 3 croisements en nœuds », poursuit l’astronome. Cette dernière configuration est possible, même si elle reste cependant rare. « Il est tout à fait possible d’avoir 6 (2 + 2 + 2) éclipses par an, voire 7 (2 + 3 + 2) éclipses par an », résume Johan Richard.

Lorsque 7 éclipses se produisent sur une même année, la première et la dernière sont des éclipses du même astre, comme le précise l’observatoire de Paris sur son site. La première de ces éclipses a lieu dans les 11 (ou 12) premiers jours du mois de janvier. La dernière a lieu dans les 11 (ou 12) derniers jours du mois de décembre.

À l’inverse, existe-t-il un nombre minimal d’éclipses par année ? L’observatoire de Paris répond aussi à cette interrogation et indique que le nombre minimal d’éclipses par an est de 4. Il s’agit obligatoirement de 2 éclipses de Lune et de 2 éclipses de Soleil.

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