Boeing et la Nasa préparent la mise en place d'un nouvel essai pour la capsule Starliner, qui servira un jour à transporter des astronautes. Pour ce test, il s'agit de tenter de rallier la Station spatiale internationale avec un vaisseau inhabité.

C’est officiel : Boeing va bien retenter de rejoindre la Station spatiale internationale avec sa capsule Starliner, plus de trois mois après sa première tentative. Le constructeur astronautique américain entend effacer l’échec survenu en décembre : le rendez-vous avec l’ISS avait échoué à cause de la survenue de deux incidents logiciels critiques, une habitude chez Boeing, diront les plus sarcastiques, qui ont déréglé l’ascension de l’engin vers la bonne orbite.

Ce nouvel essai, dont la date reste à planifier, a été annoncé le 6 avril par l’agence spatiale américaine. La situation épidémique que connaît le monde depuis février laisse à penser qu’aucun tir ne surviendra à un horizon proche, d’autant que les États-Unis ne sont pas encore au sommet de la vague de la contagion. En mars, la NASA avait d’ailleurs indiqué se recentrer sur ses missions prioritaires.

Même profil de vol qu’en décembre

Le profil de cette mission sera similaire à celui de décembre : personne ne se trouvera à bord du vaisseau spatial et la capsule, une fois arrimée à l’ISS, restera quelques jours dans l’espace avant de larguer les amarres et de revenir sur Terre. Ce n’est qu’une fois cette étape franchie avec succès que l’industriel pour envisager sérieusement le transport d’astronautes.

Boeing est le second partenaire retenu par la Nasa pour cette tâche hautement sensible. Le premier est SpaceX. Celui-ci dispose d’une légère avance sur son homologue, dans la mesure où il assure depuis 2012 des missions de ravitaillement au profit de l’ISS et qu’il a validé tous les principaux essais, avec à chaque fois une capsule inhabitée. Désormais, il doit y avoir un ultime test, habité cette fois, fin mai.

La capsule CST-100 Starliner de Boeing, à son retour sur Terre, en décembre. // Source : NASA/Bill Ingalls

Si l’objectif principal du vol de décembre n’a pas pu être atteint, Boeing a néanmoins pu démontrer lors d’une séquence imprévue qu’il était capable de garder la maîtrise de son vaisseau spatial et de le faire revenir sans encombre sur la terre ferme. Indirectement, le géant de l’aéronautique a ainsi montré d’autres critères qui sont indissociables de la conquête spatiale : gérer les situations d’urgence.

C’est ce que la Nasa reconnaît : « bon nombre des objectifs du premier essai en vol sans équipage de Boeing en décembre 2019 ont été atteints ». Cela étant, rien ne vaut un autre vol de qualification, réussi cette fois, pour évacuer les dernières incertitudes. Pour la Nasa, même si ce second vol n’était pas au programme, il s’agit de la meilleure chose à faire quand on prétend vouloir transporter des astronautes.

Article publié initialement le 7 avril 2020

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